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Établissements et services

Conférence salariale : la CGT, FO et SUD dénoncent une nouvelle année d'austérité


Publié le : 18.02.2019 I Dernière Mise à jour : 18.02.2019

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  • Maxime Ricard (agence Pixel6tm)

Jeudi 14 février, la conférence salariale des établissements et services sociaux et médico-sociaux à but non lucratif a fixé à 1 % le taux d'évolution de la masse salariale pour 2019, soit 204 millions d’euros de plus qu'en 2018. Une réévaluation jugée insuffisante par les syndicats CGT, FO et SUD, qui avaient décidé de boycotter ce rendez-vous annuel.

La conférence salariale des établissements et services sociaux et médico-sociaux privés à but non lucratif s’est tenue jeudi 14 février. A l’issue de ce rendez-vous annuel, les partenaires sociaux du secteur savent quelles seront leurs marges de manœuvre pour négocier d’éventuelles évolutions salariales en 2019 dans chaque branche du secteur. "Le gouvernement a décidé de soutenir ce secteur, en maintenant un taux d’évolution de la masse salariale de 1%, soit 204 millions d’euros en faveur des rémunérations du secteur social et médico-social", a publiquement informé le ministère à l’issue de cette conférence. Les organisations syndicales CGT, FO et SUD, informées de cette décision en amont, avaient décidé de boycotter la conférence salariale pour montrer leur désaccord profond avec cette décision qui empêche toute évolution réelle des salaires.

"Nous avons choisi de ne pas nous rendre à la conférence salariale, car nous considérons que celle-ci ne règlera en rien les problèmes de fonds liés aux moyens financiers pour le secteur, a justifié Pascal Corbex, secrétaire général de la fédération nationale FO de l’action sociale (Fnas), auc ours d’une conférence de presse commune, peu avant la conférence salariale. Lorsqu’au mois de novembre, nous avions rencontré le ministère pour préparer cette conférence salariale, il nous avait déjà été clairement annoncé qu'il n'y aurait rien à espérer. Donc s'il n'y a rien à en attendre, à quoi bon s'y rendre ? Discuter pour discuter, dialoguer pour dialoguer, à un moment donné, cela n'a aucun intérêt".

Un gain d'un millième d'euro par heure travaillée en dix ans

"Au moment où un mouvement social exprime le ras-le-bol d’une politique générale d’austérité au détriment des travailleurs et de leurs familles, le gouvernement adopte un PLFSS de ‘définancement’ de la Sécurité sociale", déplorent la CGT, FO et SUD dans un communiqué de presse. Elles pointent du doigt, aussi, le "manque criant de moyens humains et de financement des établissements et des services [du secteur social et médico-social], qui conduisent à une dégradation des conditions de travail, à des non-remplacements de salariés et à des salaires indignes des professionnels".

Dans la branche de l'aide à domicile, Geneviève Debilliers (FO) rappelle que "sur une période de dix ans, la valeur du point (qui sert de base de calcul des salaires, ndlr) n'a que très faiblement augmenté. En 2009, elle était de 5,302 euros. Elle est de 5,380 euros, en 2019. Nous avons donc une hausse de la valeur du point de 0,078 euros en 10 ans. Ce qui représente un gain d'un millième d'euro par heure travaillée !". Et d’ajouter : "En dix ans, en euros constants, les salariés en catégorie A ont donc perdu 21,06 euros par mois et ceux de la catégorie B, 21,14 euros. Ceux de la catégorie C ont, quant à eux, gagné 23,09 euros par mois". Dans cette branche, le salaire correspondant au premier coefficient des catégories A et B est respectivement de 68,62 euros et 63,24 euros en dessous du smic. Dix ans plus tôt, il lui était supérieur de 14,31 euros et 19,61 euros. De même, le premier salaire de la catégorie C, la plus qualifiée, n’est plus qu’à 70,22 euros au-dessus du smic, contre 198,69 euros en 2009.

Des salaires de base sous le smic

"Dans la convention collective 51 [hospitalisation privée à but non lucratif, ndlr], quatre coefficients sont sous le Smic. Ce qui représente 42 métiers", dénonce de son côté Xavier Guillot, de l’Union fédérale de l’action sociale CGT. Selon les données présentées par FO, pour les éducateurs spécialisés en début de carrière, la smicardisation est aussi en marche, puisque l’écart avec le salaire minimum (1 521 euros brut au 1er janvier 2019) est passé de 466,26 euros bruts en 2009, à seulement 290,08 euros en 2019.

"On va continuer comme ça encore combien de temps ?, interroge donc Xavier Guillot. Nous avons beau dénoncer tout ce qui peut expliquer le mal-être dans lequel se trouvent les salariés (dégradation des conditions de travail, perte du pouvoir d'achat, hausse des accidents du travail et des maladies professionnelles, etc), nous ne sommes pas entendus. Nous n'avons aujourd'hui pas les moyens humains et financiers pour travailler, donc il va falloir trouver des solutions". Une des solutions pourrait être une journée d’action pour les salaires et les conditions de travail, préviennent la CGT, SUD et FO.

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