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Allocation journalière du proche aidant : un dispositif restrictif et sous-employé

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L’allocation journalière du proche aidant (AJPA) a été mise en œuvre le 1er octobre 2020. Mais, à ce jour, selon nos informations, seules 9 692 demandes ont été traitées par les caisses d’allocations familiales (CAF), dont seulement 1 700 ont abouti à une indemnisation. Un faible nombre qui s’explique par des conditions d’attribution encore méconnues et drastiques.

Dans le cadre des six réformes prioritaires en matière de solidarités pour l’année 2021, annoncées  le 17 février par Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, et Brigitte Bourguignon, ministre déléguée à l’autonomie, le gouvernement a mis l’accent sur la poursuite de la stratégie nationale 2020-2022 « Agir pour les aidants ».

Ainsi, il entend mieux déployer l’allocation journalière du proche aidant (AJPA), mise en place depuis le 1er octobre 2020. A ce jour, en effet, les caisses d’allocations familiales (CAF) ont traité 9 692 demandes, dont seulement 1 700 ont abouti à une indemnisation. Un faible démarrage au regard des 11 millions d’aidants que compte la France.

« Bon nombre de dossiers déposés ne donnent pas droit à une indemnisation car ils ne respectent pas les conditions d’attribution. C’est à se demander si les employeurs et les salariés connaissent bien ce dispositif », déplore Isabelle Brohier, responsable du pôle « solidarités, insertion, contentieux » à la Cnaf (Caisse nationale des allocations familiales). Et d’ajouter : « Nous avons même reçu des demandes de la part de retraités et d’étudiants. Face à ce constat, nous avons renforcé notre communication afin de rappeler les conditions d’éligibilité de la prestation. »

Critères d’attribution trop sélectifs

Pour rappel, l’AJPA peut être versée aux personnes qui arrêtent de travailler ponctuellement ou réduisent leur activité pour s’occuper d’un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie d’une particulière gravité : soit un taux d’incapacité égal ou supérieur à 80 % reconnu par la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) ou un degré de dépendance GIR 1, GIR 2 ou GIR 3 déterminé par le conseil départemental (voir tous les critères d’attribution ici).

Autre critère :  le proche aidant ne doit pas être rémunéré par la personne aidée au moyen de son allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou de sa prestation de compensation du handicap (PCH). Une condition qui a conduit la Cnaf à refuser beaucoup de demandes.

« Les conditions d’attribution sont trop drastiques. Cette allocation ne concerne finalement pas grand-monde sur les 11 millions d’aidants, regrette Brigitte Patin, porte-parole pour la Fédération nationale des aidants et accueillants familiaux (Fnaaf). Que fait-on par exemple de ceux qui ont dû arrêter toute activité professionnelle pour s’occuper de leur proche ? Ce sont néanmoins des “travailleurs”, qui ne bénéficient parfois d’aucun soutien, d’aucune aide financière. Cette allocation est certes une avancée, mais elle est incomplète et discriminatoire. »

Compensation peu élevée

Le montant de l’allocation est également pointé. Versée dans la limite de 66 jours (soit trois mois ouvrés) fractionnables par demi-journée (sauf pour les demandeurs d’emploi) durant l’ensemble de la carrière professionnelle pour une ou plusieurs personnes aidées, et pour une durée maximale de 22 jours par mois, l’AJPA est de 43,83 € net par jour pour une personne vivant en couple et 52,08 € net par jour pour une personne seule.

« C’est peu. Avec cette indemnité, l’aidant ne peut plus assumer d’autres charges. Par conséquent, il ne va la demander qu’en dernier recours », observe Claudie Kulak, présidente du collectif Je t’aide.

Voulue par l’ensemble des acteurs, cette indemnisation est, selon eux, perfectible. Elle doit aussi être mieux connue. Selon Claudie Kulak, il faudrait « une grande campagne de communication, sur le même modèle que celle des cinq fruits et légumes par jour, afin que cette innovation sociale ne soit pas un coup d’épée dans l’eau ».

 

Auteur

  • Maxime Ricard

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