Enlever le pécule aux jeunes majeurs. Une mesure qui ne convainc pas. A l’occasion de la journée dédiée à l’examen des propositions de loi du groupe Horizons le 9 avril 2026, les parlementaires de la chambre basse auront l’occasion d’étudier un texte « visant à garantir le bénéfice des prestations familiales aux enfants placés ».
- Déposée par la député Nathalie Colin-Oesterlé et plusieurs de ses collègues, la réforme envisagée prévoit notamment le versement des allocations familiales directement aux tiers lorsqu’un enfant leur est confié.
- Quand un ou plusieurs enfants font l'objet d'une mesure de placement, la part de la majoration du revenu de solidarité active (RSA) due à l'existence de ces enfants est transférée au tiers auquel ils sont confiés.
- Enfin, la proposition de loi suggère de supprimer le dispositif permettant à la Caisse des dépôts et consignations de conserver la gestion de l’allocation de rentrée scolaire (ARS) jusqu’à la majorité du jeune.
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Ce dernier outil constitue, actuellement, une épargne que l’intéressé peut récupérer à ses 18 ans : « Pendant ce temps, les départements et les familles d’accueil assument seuls ces dépenses, sans bénéficier de l’aide pourtant prévue à cet effet ».
Dangers portés par le texte. Cette épargne est estimée à 700 € en moyenne, comme le rappelle Cause Majeur !. Sans nier la détresse dans laquelle se trouvent les départements en raison d’un manque de moyens, le collectif signale que ce ne sont pas aux principaux concernés de pallier ces difficultés : « En aucun cas, il ne revient aux jeunes majeurs de contribuer au financement des départements sur leur épargne d’enfants, ni même à leurs parents », explique Sophie Diehl, porte-parole de Cause Majeur ! dans un communiqué.
L’impact négatif de la proposition de loi se ressentirait donc à plusieurs niveaux, alors que, selon le collectif, il serait plus avantageux d’accroitre le soutien des publics concernés, au lieu de prévoir une saisie sur leurs aides : « C’est toute la famille qui serait impactée si la loi était adoptée et à travers elle, les enfants et les jeunes majeurs qui sont toujours les premières victimes de ce type de décisions ».
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A l’approche de l’examen du texte, le collectif demande non seulement le maintien du pécule des jeunes majeurs, mais également une réflexion autour du financement de la protection de l’enfance.
Tout en rappelant ses recommandations (versement automatique, renforcement des moyens de communication …), Cause Majeur ! rappelle que cette aide seule ne suffit pas et qu’elle doit s’accompagner, pour chaque jeune, d’un accompagnement socio-éducatif.
>>> Retrouvez ici : le communiqué de Cause Majeur ! <<<