Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée morte dans le Gers le 4 juin 2026. Selon les premiers éléments de l’enquête, rendus publics par la procureure d’Auch, l’homme mis en examen, Jérôme B., a fait l’objet de plusieurs plaintes et signalements pour des faits d'abus sexuels sur des mineures.
Alors que de nombreuses voix s’élèvent contre les « dysfonctionnements judiciaires » que révèle cette affaire, la Ciivise appelle les pouvoirs publics à en « tirer toutes les conséquences » et « à mettre en œuvre sans délai les recommandations déjà formulées pour mieux protéger les enfants contre les violences sexuelles ».
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Soulignant la nécessité de « mettre en œuvre une politique de prévention ambitieuse, fondée sur le repérage précoce, le partage effectif des informations préoccupantes et une protection réelle des mineurs », elle réitère plusieurs recommandations formulées dans son rapport de 2023 :
- faire de la protection de l'enfance une priorité nationale et diffuser une culture commune de protection dans toutes les institutions en contact avec les enfants ;
- renforcer le repérage des situations de violences sexuelles et de prédation grâce à la formation systématique des professionnels ;
- améliorer la circulation et le traitement des informations préoccupantes et des signalements au sein des services impliqués ;
- développer des outils d’évaluation du danger pour les enfants et les réponses rapides lorsqu'un risque est identifié ;
- renforcer le contrôle des personnes exerçant ou intervenant auprès des mineurs et la prise en compte des antécédents de signalements ou de comportements préoccupants ;
- appliquer de manière constante le principe de précaution lorsqu'un enfant peut être exposé à un risque de violences sexuelles;
- systématiser la notification du classement sans suite à la victime et généraliser sa motivation.
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La Ciivise ne prétend pas que « l'application de ces recommandations aurait empêché » le meurtre de la jeune Lyhanna. Mais elle affirme qu'une « société qui porte attention à l’ensemble des signaux d’alertes forts ou faibles, traite avec diligence les alertes et place systématiquement la protection de l'enfant au premier plan, réduit les risques et augmente ses capacités de prévention ».
La Ciivise « exige une organisation collective cohérente, des procédures efficaces et obligatoirement mises en œuvre ainsi qu’une vigilance constante, partagée par l’ensemble des professionnels et, au-delà, de la communauté citoyenne tout entière ».