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Baromètre 2025 : le nombre d’enfants à la rue progresse fortement

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Illustration de la saturation des dispositifs d'hébergement, début août, plus de 250 personnes, majoritairement des familles ou femmes seules avec enfants, ont occupé le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris avant d'en être expulsées le 12 août. 

Crédit photo Photo Valerie Dubois / Hans Lucas via AFP
La Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et l’Unicef France – en lien avec le Collectif des associations pour le logement (CAL) – publient pour la 7e année consécutive un état des lieux du nombre de mineurs sans abri, assorti d’une série de recommandations.

Le 18 août 2025, soit quelques jours avant la rentrée scolaire, au moins 2 159 enfants dont un quart de moins de 3 ans sont restés sans solution d’hébergement malgré l’appel de leurs parents au 115. En cause, toujours : la saturation des dispositifs d’hébergement, cumulée à la crise du logement.

Ces chiffres, tirés du Baromètre annuel de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et de l’antenne française de l’Unicef, révèlent une hausse de 6 % du nombre d’enfants à la rue par rapport à l’année dernière et de 30 % par rapport à 2022. Une année où le gouvernement s’était engagé à atteindre l’objectif du « zéro enfant à la rue ».

L’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Occitanie et les Hauts-de-France comptent le plus grand nombre de familles à la rue.

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« Cette situation, insoutenable pour les familles comme pour celles et ceux qui les accompagnent, témoigne d’un système à bout de souffle », expliquent les associations qui dénoncent « l’insuffisance des politiques publiques ».

S’ils vivent à la rue, certains enfants y meurent. C’est le cas de 31 mineurs l’an dernier, selon le collectif Les Morts de la rue.

Ces chiffres, aussi alarmants soient-ils, ne sont pourtant pas exhaustifs : « Nombreuses sont les familles qui ne parviennent pas à joindre le 115 ou n’y recourent pas ou plus, souligne le rapport. En outre, ces données ne rendent pas compte de la situation des mineurs non accompagnés à la rue. »

« Ce baromètre est celui des renoncements. Ceux que nous ne pouvons pas admettre plus longtemps sans nous déshumaniser », souligne Pascal Brice, président de la FAS.

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Manuel Domergue, porte-parole du Collectif des associations pour le logement, et directeur des études de la Fondation pour le logement, constate que, malgré les deux recours juridiques pour non-assistance à personnes mal logées déposés cette année par le collectif, « rien ne change ». « Au contraire, les dernières remontées de terrain et les annonces budgétaires pour 2026 font craindre le pire. »

Rien que pour 2025, relèvent les associations, il manque 250 millions d’euros au budget de l’Etat pour maintenir le parc d'hébergement à hauteur de 203 000 places, comme s’y est engagé le gouvernement.

« Ce qui fait cruellement défaut aujourd’hui, ce ne sont ni les ressources, ni l’expertise mais bien une volonté politique ferme de mettre fin à l’inacceptable », déplore pour sa part Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France.

> Pour compléter : Hébergement d’urgence : est-il possible de demander une réparation en cas de carence fautive de l’Etat ?

Les associations proposent une série de dix recommandations. Certaines, à adopter en urgence, parmi lesquelles :

  • La présentation d’une loi de finances rectificative pour 2025 prévoyant, à minima, le maintien de la capacité du parc d’hébergement à 203 000 places.
  • L’inscription dans le projet de loi de finances pour 2026 de la création de 10 000 places d’hébergement supplémentaires, dont 1 000 pour les femmes enceintes ou sortant de maternité. Ce qui porterait la capacité du parc à 213 000 places.
  • Le financement et la mise en œuvre du plan « Enfants mal logés », au moins à hauteur des engagements du pacte des solidarités.

D’autres mesures doivent, à court ou moyen terme, être adoptées selon les associations. Parmi elles :

  • La mise en œuvre d’une programmation pluriannuelle de l’hébergement et du logement, incluant une attention spécifique aux enfants et aux familles.
  • La mise en place d’un accompagnement global, sans rupture et prenant en considération les besoins spécifiques des enfants.
  • L'installation, sur le modèle de l’Observatoire de la protection de l’enfance (ONPE), d’un observatoire national du sans-abrisme permettant de développer et recenser les connaissances et de rassembler les acteurs pour construire des politiques publiques adaptées.

<<< Lire l’intégralité du Baromètre Enfants à la rue >>>

<<< Lire la synthèse du Baromètre Enfants à la rue >>>

 

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