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"Quartiers chauds" : les 5 demandes de la Fondation pour le logement face à la précarité énergétique d’été

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Dans les quartiers populaires – comme ici celui de Valensolles, à Valence, où des serviettes ont été accrochées aux fenêtres –, les habitants ont souvent recours au système D pour se protéger des fortes chaleurs. 

Crédit photo Photo Nicolas Guyonnet / Hans Lucas via AFP
Dans un rapport sur les logements bouilloires, rendu public le jeudi 18 juin, la fondation documente la surexposition des quartiers populaires aux canicules. Elle dénonce l’inaction du gouvernement et appelle à la mobilisation de tous les acteurs du logement.

Michelle Audrin, 67 ans, habite un logement social à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), sans ventilation ni volets. Avec des températures qui peuvent culminer à 35 degrés en période de trés fortes chaleurs. « Pendant les canicules, j’ai des étourdissements, je perds l’équilibre, il m’arrive de tomber. Je reste souvent à ne rien faire pour éviter les accidents, c’est très dur », explique-t-elle. « Nous avons fait des demandes [d’aménagements] au bailleur mais il répond que ce n’est pas possible, qu’il n’a pas l’argent et que ce n’est pas vraiment nécessaire… »

Intitulée « Quartiers chauds », l’étude 2026 sur les logements bouilloires de La Fondation pour le logement enquête, paroles d’habitants à l’appui, sur la précarité énergétique d’été. « Un phénomène massif, amené à s’aggraver en l’absence d’action politique forte », précise-t-elle.

>>> Sur le même sujet : La Fondation pour le logement attaque l’État en justice

Selon une étude menée par Pouget consultants et Ignes, un logement sur deux peut être considéré « comme une véritable bouilloire thermique ». Si aucune région n’est épargnée par le phénomène, les habitants du sud-est, du centre et de l’Île-de-France sont particulièrement touchés, et de manière générale ceux qui vivent en métropole, dans un studio et/ou en location. Et sans surprise, les foyers les plus pauvres sont les premiers concernés par la précarité énergétique.

Ils combinent plusieurs facteurs :

  • Un urbanisme propice aux îlots de chaleur urbains : forte densité, matériaux qui exacerbent la chaleur, manque d’espaces verts…
  • Des logements bouilloires : des appartements, souvent plus petits, avec un taux de suroccupation trois fois plus élevé qu’ailleurs, davantage de nuisances sonores rendant difficile l’aération la nuit, plus de locataires et donc une moindre capacité à engager des travaux.
  • Des individus plus vulnérables : en moins bonne santé, des emplois plus exposés à la chaleur et une plus grande assignation à résidence due à un moindre accès aux vacances.

Principal frein à l’adaptation des logements : le manque de moyens financiers, comme l’expliquent les bailleurs sociaux interrogés : « Il y a des financements pour la rénovation énergétique, mais pas pour l’adaptation aux chaleurs, souligne l’un d’entre eux. Cela crée une forme de concurrence entre réhabilitation d’hiver et d’été. »

Sur le même sujet : Logement bouilloire : une loi pour lutter contre la précarité énergétique d’été ?

« Les politiques publiques ambitieuses se font dangereusement attendre, dénonce Christophe Robert, délégué général de la fondation. Laquelle appelle à la mobilisation collective de l’État, des collectivités, des acteurs de l’immobilier, des bailleurs, des associations, pour « mettre en place dès aujourd’hui des solutions concrètes ».

La fondation formule plusieurs recommandations prioritaires :

  • Renforcer la lutte contre les logements bouilloires dans les programmes ANRU.
  • Augmenter le Fonds vert destiné aux collectivités locales pour financer l’adaptation des espaces publics au changement climatique – son montant a été divisé par quatre en deux ans.
  • Lancer un grand plan d’installation de volets et de brasseurs d’air dans tous les logements d’ici à 2040, financé par l’État à hauteur de 1,1 milliard d’euros par an, en priorisant les logements sociaux.
  • Mettre à l’agenda la proposition de loi transpartisane "Zéro logement bouilloire" de la Fondation pour le logement. Elle avait été déposée l’année dernière à l’Assemblée nationale par plus de 150 députés.
  • Mettre en place des plans « grand chaud », à l’instar des plans « grand froid », en ouvrant des places d’hébergement et en renforçant les maraudes. Le risque de décès étant aussi élevé pendant les canicules que pendant les vagues de froid pour les personnes sans-abri.

<<< Lire l'étude sur les logements bouilloires de la Fondation pour le logement >>> 

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