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Sans-abrisme : 1 600 enfants à la rue durant l’été

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Selon les chiffres du Samu social, plus de 3 000 familles dorment à la rue chaque soir en raison de la saturation des dipositifs d’accueil de droit commun. 

Crédit photo Pauline Tournier / Studio Hans Lucas via AFP
Les efforts consentis par le gouvernement durant la crise liée au Covid-19 pour assurer la mise à l’abri des personnes à la rue s’amenuisent avec la reprise d’expulsions et la fermeture de places au sein des services du Samu social. Afin d’interpeller les pouvoirs publics et de coordonner les actions d’aide aux familles, des dizaines d’organisations se mobilisent via le lancement d’un site Internet.

Avec un taux d’augmentation de 86 % sur les six derniers mois, le nombre de familles contraintes de dormir à la rue faute de places au sein des centres d’hébergement d’urgence inquiète de nombreuses structures associatives.
A deux jours de la rentrée scolaire, environ 1 600 enfants dorment dans la rue. Le 22 août, plus de 3 000 familles restaient sans solution d’hébergement (chiffres du Samu social). Des données largement sous-évaluées car de nombreuses personnes en errance ont renoncé à téléphoner au 115, faute de réponse.

La tendance pousse les 39 membres du Collectif des associations unies (CAU), la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) et le collectif Jamais sans toit à agir conjointement en créant un réseau en ligne d’aide aux élèves sans toit. Le site Internet vise à coordonner et à informer sur les actions menées auprès des familles ainsi qu’à pointer les manquements étatiques.

Fermeture de places d’hébergement

Alors que durant les deux dernières années, en raison de la crise sanitaire et sociale, le gouvernement avait augmenté à hauteur d’environ 200 000 le nombre de places d’hébergement d’urgence, plusieurs milliers d’entre elles ne sont plus budgétées et une fermeture de 10 000 places est prévue prochainement. Si, en théorie, cette baisse se justifie par le lien censé être assuré entre les structures d’hébergement et l’installation des familles dans un logement pérenne, la réalité est tout autre.

En raison de la loi de réduction du loyer de solidarité (RLS) instituée en 2018, de nombreux organismes d’habitation à loyer modéré (HLM) ne sont plus en capacité de répondre aux multiples demandes de logements sociaux.

« Plus de deux millions de personnes sont en attente, il est donc normal qu’en bout de chaîne les situations soient critiques. Les expulsions de l’été ont par ailleurs fait augmenter les appels aux 115. La solution n’est pas d’ouvrir en masse des places d’hébergement. Il faut éviter les expulsions et garantir un logement à tout individu sortant d’hébergement d’urgence », rappelle Manuel Domergue, directeur des statistiques de la Fondation Abbé-Pierre et porte-parole du collectif CAU, à l’occasion d’une conférence de presse organisée le 30 août.

Visibilité législative inexistante

En 2021, le gouvernement souhaitait préparer une loi de programmation pluriannuelle pour anticiper les besoins réels (lire notre article). Un projet dont l’issue dépendait des résultats des élections présidentielle et législatives, et qui, pour l’heure, n’est toujours pas inscrit à l'agenda politique.

Pour rappel, en 2020, en France, 927 enfants avaient dormi dans la rue ou en abri de fortune la veille de la rentrée scolaire. A compter du 1er septembre, l’agence des Nations unies Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité publieront les chiffres de 2022 au moyen d'un nouveau baromètre.

Retrouvez toutes les informations du réseau Elèves sans toit ici et ici.

Auteur

  • Flora Peille

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