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Haltes soins addictions : ce rapport de l'Igas enfin publié

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A Strasbourg, la halte soins addictions n'a, selon le rapport de l'Igas et de l'IGA, eu « aucun effet d’attractivité sur les consommateurs et n’a généré aucune activité de deal ».

Crédit photo FREDERICK FLORIN / AFP
Dans une étude finalisée en octobre 2024, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) recommandait de pérenniser ce dispositif expérimental. Elle la rend publique seulement ce lundi 5 janvier 2026… quinze jours après le vote – controversé – de la prolongation de l’expérimentation.

Seules deux haltes soins addictions (HSA) – les ex-salles de consommation à moindre risque (SCMR) – existent en France : à Paris et à Strasbourg. Et depuis leur création, en 2016, elles ne parviennent ni à se développer ailleurs sur le territoire – le projet marseillais avait été retoqué en 2024 – ni à s’inscrire dans le droit commun. A deux reprises, déjà, le caractère expérimental du dispositif a été prolongé : en 2022, d’abord, puis tout récemment, le 16 décembre 2025, par amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale.

La parution, lundi 5 janvier 2026, du rapport des Inspections générales des affaires sociales (Igas) et de l’administration (IGA) illustre une nouvelle fois la controverse que suscite en France ce dispositif médico-social.

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L’étude avait été commandée en avril 2024 par les ministres de la Santé et de l’Intérieur, Catherine Vautrin et Gérald Darmanin. L’évaluation des haltes soins addictions (HSA) devait – un an donc avant la fin programmée de l’expérimentation – « éclairer le gouvernement sur l’opportunité de [les] maintenir, de [les] adapter ou de [les] arrêter ».

Finalisé six mois plus tard, sous le gouvernement Barnier, le rapport n’avait pourtant jamais vu le jour. Un document trop favorable, peut-être, dans une séquence où le ministre de l’Intérieur d’alors, Bruno Retailleau, ne cachait pas sa farouche opposition à ces « salles de shoot ».

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Dans leur conclusion, les deux inspections recommandent en effet de « pérenniser les HSA en les inscrivant dans le droit commun à l’issue de la période d’expérimentation », le 31 décembre 2025. Ce qui permettrait « d’ouvrir de nouveaux espaces de consommation supervisée ».

Selon les auteurs du rapport, les HSA présentent plusieurs vertus :

  • Elles réduisent, comme le démontrent les études internationales et celle de l’Inserm en 2021, les risques et dommages sanitaires pour les consommateurs de drogues injectables : « La consommation supervisée, en limitant les pratiques d’injection dangereuses et le partage de matériel, réduit les risques infectieux, les surdoses et les affections somatiques. » Par ailleurs, souligne le texte, « les HSA assurent le rôle de vigies des habitudes de consommation et des nouvelles tendances (comme la montée en puissance du fentanyl observée grâce à la HSA de Strasbourg) ».
  • Elles améliorent la tranquillité publique en diminuant les consommations de rue. « Les salles n’engendrent pas de délinquance, voire sont susceptibles de faire baisser le nombre de délits commis par leurs usagers », constatent par ailleurs les auteurs du rapport.
    La salle de Strasbourg n’a ainsi eu « aucun effet d’attractivité sur les consommateurs et n’a généré aucune activité de deal ». A Paris, de nombreux riverains, malgré des mécontentements, estiment que « la HSA améliore le quartier et réclament son maintien ».

Toutes les villes n’ont toutefois pas vocation à créer une HSA, souligne le rapport. Ce dispositif doit rester « une réponse locale à un besoin local ».

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Le rapport liste plusieurs conditions à la réussite de tels projets :

  • La capacité d’accueil doit correspondre aux besoins du territoire. Le projet doit privilégier plusieurs petits espaces plutôt qu’un grand, des horaires d’ouverture couvrant les habitudes des consommateurs et un personnel en nombre, en spécialités et en formation adaptés.
  • L’implantation de la HSA doit tenir compte des enjeux de proximité et d’accessibilité.
  • La proximité géographique avec un hôpital est importante pour prendre en compte l’accès aux soins.
  • Un espace de consommation supervisée doit s’insérer dans un chaînage médico-social et un continuum allant de la prévention aux soins.
  • Les riverains doivent être informés, sans exagération, des bénéfices attendus sur la vie du quartier.
  • La politique publique de réduction des risques, dont les HSA sont parties intégrantes, doit bénéficier d’un portage assumé et univoque à tous les niveaux.

<<< Lire le rapport >>>

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