Recevoir la newsletter

Magazine

Vaccination obligatoire des soignants : entre approbation et incompréhensions

{ element.images.0.titre }}

Emmanuel Macron a appelé à la vaccination obligaoire des soignants.

Crédit photo shintartanya - stock.adobe.com
Emmanuel Macron a annoncé, lundi 12 juillet, une obligation vaccinale dès le 15 septembre pour l’ensemble des professionnels et bénévoles en contact avec des publics fragiles. Une décision majoritairement bien accueillie par les acteurs concernés, mais qui soulève nombre d’interrogations.

« Pour les personnels soignants et non soignants des hôpitaux, cliniques, des maisons de retraite, des établissements pour personnes en situation de handicap, pour tous les professionnels ou bénévoles qui travaillent au contact des personnes âgées ou fragiles, y compris à domicile. La vaccination [contre la Covid-19, ndlr] sera rendue obligatoire sans attendre », a prévenu, ce lundi 12 juillet, le président de la République, Emmanuel Macron.

Une annonce majoritairement bien accueillie par les acteurs concernés. Ainsi, Jean-Pierre Riso, président de la Fnadepa (Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées), se dit « satisfait », estimant que « tous les moyens qui favorisent la protection de nos aînés, mais aussi l’ensemble de la population, sont bons à prendre ». D’autres acteurs du grand âge, tels que le Synerpa (Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées) et l’UNA (Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles) « saluent » cette déclaration du chef de l’Etat.

« C’est violent »

Si la Fnapaef (Fédération nationale des associations et amis de personnes âgées et de leurs familles) n’avait pas pris position en amont, Claudette Brialix, sa présidente, se réjouit de cette décision : « La liberté individuelle ne doit pas primer sur la liberté collective. Pour que tout le monde reprenne le plus rapidement possible une vie normale, il y a forcément une contrainte : la vaccination. » Pour Elise Gambier, directrice de l’Ehpad La Maison de Jeanne, à Villers-Bocage (Calvados), « c’est une bonne nouvelle ». « Il est  incompréhensible qu’un professionnel intervenant en Ehpad ne se sente pas concerné par la vaccination », ajoute-t-elle. Cependant, comme beaucoup d’autres acteurs, elle estime que le délai pour y parvenir est court. « Le 15 septembre va arriver vite. Et avec le nombre impressionnant de prises de rendez-vous effectuées en moins de 24 heures, on court le risque que tous les soignants n’aient pas la possibilité d’effectuer les deux doses d’ici là, déplore Jean-Pierre Riso. Cela donne un peu le sentiment d’une précipitation. »

Malika Belarbi va plus loin dans la critique. Aide-soignante dans un Ehpad francilien, elle se dit « en colère » contre le gouvernement. Non vaccinée, elle a pris rendez-vous pour sa première dose dans les jours à venir. « J’ai pris le temps de peser le pour et le contre en échangeant beaucoup avec mes proches. Je pensais que le président aurait une démarche beaucoup plus intelligente, qu’il allait rassurer les soignants. Non, l’exécutif annonce des sanctions contre les éventuels récalcitrants. C’est violent. »

Précisions necessaires

D’autant que les directives ne sont pas claires, comme le déplore Thierry d’Aboville, secrétaire général de l’Union nationale ADMR (aide à domicile en milieu rural) : « Nous attendons que l’on nous indique exactement comment agir, en tant qu’employeur, sur la mise en œuvre de cette obligation vaccinale. Qui va contrôler qui est vacciné et qui ne l'est pas ?  Comment sanctionner ? Le gouvernement doit apporter des précisions. » Pour Emmanuel Martineau, directeur général de l’association Kervihan, qui gère neuf établissements d’accueil d’enfants, d’adolescents et d’adultes polyhandicapés dans le Morbihan, « il est hors de question de nous demander d’aller vérifier les QR code de chaque salarié ». Elise Gambier considère que « c’est à la médecine du travail de faire respecter cette obligation vaccinale. Elle va donc devoir nous accompagner pour y parvenir ».

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a précisé ce mardi 13 juillet les sanctions encourues par les personnels non vaccinés au 15 septembre. Dans un premier temps, ils risquent une suspension de leur contrat, « de l’ordre d’un mois à six semaines ». Ensuite, si le salarié refuse toujours de se vacciner, il encourt « une mise à pied de quelques jours » puis « un licenciement ». Ce qui ne saurait être sans conséquence sur les ressources humaines de ces structures. « J’ai déjà du mal à boucler mon été, des postes en CDI vacants. Si en plus je suspends certains salariés, je ne vois pas comment m’en sortir », assure Emmanuel Martineau.

 

Auteur

  • Maxime Ricard

Div qui contient le message d'alerte

Se connecter

Abonné

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Pas d'identifiants ?

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?
Contactez le service client : par mail Par téléphone : 01.40.05.23.15