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Coup de projecteur sur "L'Étrangère" de Gaya Jiji

ASILE-SYRIE-FESTIVAL DU FILM SOCIAL

Le personnage de Selma est interprété par l'actrice franco-iranienne Zar Amir.

Crédit photo DR
[CRITIQUE] S'échelonnant du 5 au 8 octobre 2026, la 8e édition du Festival du film social, né de la mobilisation des centres de formation en travail social, se déroule dans une soixantaine de villes. Alain Lopez, président de l’association La 25e image, organisatrice de l'événement, livre pour ASH sa perception du deuxième long métrage de cette jeune réalisatrice syrienne installée à Paris. 

Son regard traverse les êtres sur son chemin. Il traverse les frontières. Où va-t-il ? Là-bas. En Syrie. Dans la banlieue de Damas. Là où vit son fils âgé de 6 ans. Le voyage de Selma a été long et dangereux. Il l’est pour tous ceux qui l’entreprennent. Plus encore pour une femme seule. Il aurait pu s’achever dans les eaux noires de la Méditerranée, en pleine nuit, comme tant d’autres. La première image de L’Étrangère.

Une autre femme s’accroche à elle pour éviter la noyade. Elles vont périr toutes les deux. Pour survivre il faut s’en détacher. Désormais, Selma est seule. Pas tout à fait. L’exil est une déchirure qui dilacère le tissu social et familial protecteur. Mais l’humanité partout présente retisse les liens entre soi et les autres. Le pire n’est pas toujours le plus sûr. Selma est aidée. Des parents installés à Paris, le patron d’un restaurant, Alice une serveuse, Jérôme un avocat.

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Qu’est devenu le mari de Selma, arrêté il y a cinq ans par la police lors d’une manifestation contre le régime en place ? Mort ou vivant dans une geôle syrienne ? Elle l’ignore. Elle est partie pour ne plus vivre sous la menace des policiers, des bombes, des milices islamiques, pour préparer un meilleur avenir à son fils. Elle sera libre si elle obtient le droit d’asile. Elle sera libre si elle redevient maîtresse de son destin, de ses désirs, de ses amours, si elle retrouve son fils.

Pas de grands discours, mais des émotions tenues et une tension presque insupportable faite de gestes simples, de mots justes. Et peu à peu se dévoilent les histoires de chacun, de Selma, de son mari, de son enfant, de Jérôme amoureux et aimé. Selma n’est qu’un être humain, avec ses peines, ses peurs, ses joies, son envie de danser, ses sentiments, ses idées sur la politique de son pays, sur la croyance en Dieu.

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Un être humain avec sa voix, sa respiration, ses sourires, une lueur dans les yeux, une larme si fine sur sa joue, ses moments de désespoir, son opiniâtreté dans sa quête de liberté. Un être humain qui, échappant à la noyade à laquelle elle était promise, surgit dans la lumière d’un jour gris. De cette multitude d’ombres toutes identiques, interchangeables, à peine aperçues dans les rues, une naissance advient.

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Selma vit, aime, souffre, est à la recherche de son espace vital. Selma est une humaine, une femme. La révélation ne devrait pas nous étonner.
 

>>> Retrouvez ici toutes les informations concernant le Festival du film social

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