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Prostitution de mineures : le site Sexemodel visé par une enquête

La plateforme Sexemodel pourrait subir le même sort que le site Coco, définitivement fermé par les autorités en 2024.   

Crédit photo Adobe Stock
La haute-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry avait saisi le procureur de la République et l’Arcom pour faire fermer la principale plateforme d’escort-girls, dont certaines seraient mineures.

Le site relaierait plusieurs centaines de pages de mineures en situation de prostitution. « Leur fiche indique invariablement 19 ou 20 ans, mais leurs photos, souvent à visage découvert, montrent des corps d’adolescentes. Et les annonces mettent en avant leur poids : autour de 40 kg, avec souvent la mention “skinny”, “jeune fille maigre”, noms de code pour désigner les mineures. Elles ne restent pas plus de deux jours dans la même ville. Leurs proxénètes louent des chambres, puis postent les tarifs sur Sexemodel », explique France Inter. 

>>> Pour approfondir : Cyberpédocriminalité : "Ce qui se passe en ligne se retrouve ensuite hors ligne"

Dans son grand reportage diffusé jeudi 10 septembre, la radio révèle que le parquet de Paris a ouvert une enquête sur la plateforme Sexemodel, récemment renommée MesLibertines. Confiée à la section de lutte contre la cybercriminalité, elle a été enclenchée après un signalement émis par la haute-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, auprès du procureur de la République et de l’Arcom, l’autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique.

« Je rappelle simplement qu’avoir une relation sexuelle avec un enfant de moins de 15 ans, ça s’appelle un viol. Donc il faut nommer les choses et rappeler la responsabilité de toute la chaîne, du concepteur jusqu’au prédateur, a souligné la haute-commissaire à France Inter. Il y aura certainement d’autres sites qui vont essayer d’émerger, et c’est pour ça qu’il faut que les condamnations soient extrêmement lourdes et extrêmement fermes. »

>>> Sur le même sujet : Léa Guichard : "La prostitution juvénile n’arrive jamais de façon soudaine"

Le créateur de la plateforme, David Azzato, est un citoyen suisse exilé à Dubaï. Il avait été condamné en 2011 pour proxénétisme aggravé. Mais les autorités suisses ont refusé d’exécuter le mandat d’arrêt international car les sites d’annonces de prostitution sont légaux au regard du droit helvète.

« Les magistrats ont enclenché une demande d’entraide avec les autorités helvétiques », explique la procureure de la République Laure Beccuau. Les magistrats « ne lâcheront rien, comme ils n’ont rien lâché sur le site Coco ».

>>> Sur le même sujet : Le site de rencontres Coco définitivement fermé

 

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