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Léa Guichard : "La prostitution juvénile n’arrive jamais de façon soudaine"

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La trajectoire des mineurs victimes d'exploitation sexuelle

Léa Guichard a participé à la conférence introductive des 46es Assises nationales du Cnaemo, le 1er avril 2026 à Marseille.

Crédit photo DR
[SUR QUOI TRAVAILLEZ-VOUS] Dans un travail sociologique en cours, Léa Guichard est allée à la rencontre de jeunes pour mieux comprendre les configurations qui mènent à des expériences de « sexualité transactionnelle ».

Doctorante au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (LEST), unité mixte du CNRS et d’Aix-Marseille Université, Léa Guichard livre les premiers éléments d’une thèse qu’elle devrait soutenir d’ici un an.

ASH : Vous vous êtes intéressée à la « sexualité transactionnelle » chez les jeunes. Que dit cette terminologie de votre champ d’étude ?

Léa Guichard : Je m’intéressais au sujet de la prostitution juvénile. Peu à peu, je me suis détachée de cette expression, pour plusieurs raisons. Avant tout parce que parler de prostitution à des jeunes crée un fossé. Ils ne se reconnaissent pas dans cette pratique qui suscite un fort stigmate, avec cette figure repoussoir de la « pute ». Aucun jeune ne va dire : « Je me prostitue. »  Pour enquêter sur la prostitution, il faut donc ne pas la nommer. Ce qui implique de trouver d’autres manières de l’a

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