Un nombre d'étudiants légèrement en baisse, des effectifs massivement féminins, le métier d'éducateur spécialisé plébiscité et l'alternance choisie par un quart des étudiants comme voie de formation... telles étaient les principales caractéristiques des formations aux professions sociales, peut-on lire avec quatre ans de recul dans le panorama que vient de publier la Drees le 26 février 2026.
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Un quart des nouveaux entrants engagés dans un cursus d'éduc spé
C'est un constat : par rapport au dernier recensement, datant de 2017, 59 600 élèves, alternants et étudiants avaient opté pour l'une des treize formations menant à l'un des métiers du travail social, soit 5,9 % d'inscrits en moins que lors de la précédente mesure, cinq ans plus tôt. Certaines formations poursuivent une dégringolade déjà observée. A l'image de celles d'éducateurs techniques spécialisés (-29 %), de directeurs d'établissement ou de service d'intervention sociale (-29 % également), d'ingénieurs sociaux (-28 %) ou d'accompagnants éducatif et social (-23 %) ; d'autres ont vu leurs effectifs rester stables (moniteurs-éducateurs, conseillers en économie sociale et familiale...).
Quelques autres, au contraire, ont connu un léger regain d'attractivité. C'est le cas notamment des techniciens de l'intervention sociale et familiale (+3,7 %) ou des éducateurs spécialisés (+4,9 %).
On comptait, justement, 14 619 étudiants préparant un diplôme d'éducateur spécialisé cette année-là. Soit 25,7 % de l'effectif total. Suivis des 10 367 élèves-AES (18,1 %), 7 081 candidats à la profession d'assistant de service social (12,4 %) et des 6 766 futurs moniteurs-éducateurs (11,9 %).
Au bas du classement, les cursus de médiateurs familiaux qui n'avaient attiré que 343 candidats (0,6 %) et d’ingénierie sociale dont les 384 étudiants ne représentaient que 0,7 % de l'effectif total. Probable conséquence de la réforme de l'apprentissage survenue quatre années plus tôt, la part des alternants pesait près de 25 % des nouveaux étudiants en 2022.
84 % de femmes
Les femmes représentaient 84 % de l'effectif, soit 49 560 personnes. Côté pyramide des âges, la moyenne s'élevait à 29 ans, avec un quart des étudiants âgés de moins de 21 ans et 19 % de plus de 40 ans (particulièrement dans les cursus d'assistant familial, de médiateur familial ou d’ingénierie sociale qui concentrent la plus grande part des quadras et au-delà).
Ce qui, comparé à 2017, montrait un léger rajeunissement des cohortes, puisqu'en 2017 la part des moins de 25 ans s'élevait à 49 % pour grimper à 54 ans cinq ans plus tard, alors que dans le même temps la fraction des plus de 45 ans demeurait stable à près de 12 %.
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55 % des entrants de 2022 disposaient d'un niveau bac (général pour 44 %, plutôt issus des anciennes filières ES). 29 % d'un diplôme plus élevé. C'était particulièrement le cas parmi les candidats à la formation de CESF (85 % étaient déjà titulaires d'un bac + 2) ou d'ingénieur social (57 % de bac + 3). 15% disposaient déjà d'un diplôme du travail social avant de poursuivre leurs études. Un cinquième de ceux-là avaient ainsi déjà validé leur diplôme d’État d'éducateur spécialisé (DEES) et près d'un dixième celui de moniteur-éducateur (DEME).
Face à cela, ils n'étaient que 6 % à avoir déjà en poche un diplôme du secteur sanitaire : celui d'aide-soignant (DEAS) pour plus d'un tiers d'entre eux et celui d'auxiliaire de puériculture (DEAP) pour un sur cinq.
Le poids de la crise sanitaire
Par ailleurs, 45 % des nouveaux étudiants étaient en emploi avant de faire leur entrée en formation, très majoritairement (68 %) dans le domaine sanitaire, social et médico-social. Une proportion stable par rapport à 2017 et particulièrement flagrante chez les assistants familiaux (87 %), les moniteurs-éducateurs (53 %), mais aussi chez les TISF, qui comptaient parmi eux 50 % de salariés en reconversion professionnelle.
Globalement, les diplômes de niveau CAP-BEP ou bac sont les plus propices à une reconversion, là où ceux de niveau master correspondent davantage à une évolution professionnelle. D'ailleurs, 27 % de ces nouveaux venus avaient perçu une aide de leur employeur, et 19 % de Pôle emploi (devenu depuis France travail).
Cette rentrée 2022 avait ceci de particulier qu'elle faisait immédiatement suite à la crise pandémique et à ses séries de restrictions concernant l'activité des établissements de formation et des entreprises.
Si 52 % des nouveaux entrants ne faisaient état d'aucune incidence particulière de la période Covid sur leur activité, ils étaient tout de même 28 % à indiquer avoir rencontré des difficultés pour trouver un stage, 24 % à avoir connu une dégradation de leur vie sociale et 20 % à avoir suivi leur formation à distance comme l'exigeaient alors les règles sanitaires.
Quelque 32 % ont vu dans cette crise la confirmation de leur vocation et leur intérêt pour le métier. D'ailleurs 6 % d'entre eux avaient été mobilisés dans ce cadre en amont de leur entrée en formation. 57 % dans le cadre d'un CDD et 34 % d'un stage. 37 % de ces mobilisés ont eu l'occasion de servir dans un établissement relevant du secteur enfance-jeunesse, 32 % dans une structure accueillant des adultes handicapés et 18 % au sein d'un Ehpad ou lieu d'accueil pour personnes âgées.
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