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Paul Chiron : "Si les futures lois sont adoptées, le pire est à craindre"

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Le rapport de la Cimade sur les CRA

"En 2023, dernière année où des enfants pouvaient être enfermés dans les CRA hexagonaux, 80 mineurs se sont retrouvés en rétention. C'est certes beaucoup trop. Mais sur la même période, à Mayotte, ils étaient 3 000", déplore Paul Chiron de La Cimade. 

Crédit photo DR
Dans leur rapport annuel sur les centres de rétention administrative (CRA), cinq associations dénoncent un glissement de la fonction première de ces lieux d’enfermement. Paul Chiron, de La Cimade, revient sur les principales conclusions de ce travail de recueil de données.

Paul Chiron est chargé du soutien et des actions juridiques en rétention à La Cimade depuis six ans. Le juriste spécialisé en droit international alerte notamment sur la rétention des enfants à Mayotte. 

ASH : Votre rapport dépeint l'année 2025 comme l'une des plus préoccupantes depuis la création des CRA, pourquoi ?

Paul Chiron : Chaque année, depuis dix ans, la durée de la rétention s'accroît. Il y a eu en 2019 une nette hausse lorsqu’on est passé de 45 jours à 90 jours maximaux de rétention. Cet allongement de la durée d’enfermement illustre le fait que la rétention est utilisée non pas pour expulser les personnes, mais pour les mettre à l'écart. Les statistiques le montrent : il y a eu moins d'expulsions en 2025 qu'en 2024. C’est donc faux de penser qu'amplifier la durée de la rétention a

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