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IAE et entreprises adaptées : les aides au poste revalorisées, mais dans un contexte budgétaire dégradé

Person with intellectual disabilities taking care of the plants in a garden

Malgré les craintes de ces secteurs qui redoutaient une "augmentation zéro", les montants des aides au poste ont finalement été revus à la hausse avec effet rétroactif au 1er janvier dernier. 

Crédit photo Victor Mulero - stock.adobe.com
Pour 2026, le montant de l'aide au poste dans les entreprises adaptées et l'insertion par l'activité économique est en hausse de presque 1,2 %, comme le Smic. Ce coup de pouce attendu par ces secteurs s'inscrit cependant dans le contexte d'une baisse budgétaire générale, qui tend désormais à s'inscrire dans la durée.

Attendus depuis l'adoption du budget 2026, les arrêtés fixant les niveaux de prise en charge pour les aides au poste dans les structures de l'insertion par l'activité économique (IAE) et dans les entreprises adaptées viennent enfin d'être publiés au Journal officiel le 29 avril.

La crainte des professionnels de ces secteurs de voir leurs montants gelés pour cause de conjoncture budgétaire difficile a finalement été levée : les aides au poste cuvée 2026 ont bien été revalorisées au prorata de la hausse du Smic en début d'année. Soit une augmentation de 1,18 %, applicable rétroactivement depuis le 1er janvier. « Ce n'était pas assuré. Le gouvernement aurait pu faire le choix d'une augmentation zéro, mais les députés et sénateurs ont su entendre nos arguments pour que cette revalorisation ait lieu », se félicite David Horiot, président du réseau Chantier école, l'une des principales structures de l'IAE.

Pour autant, cet alignement sur le Smic ne compense pas entièrement les coupes franches qu'a connu le secteur, puisque le montant total des aides au poste en 2026 s'élève à 1,27 milliard d'euros contre 1,32 milliard l'année précédente.

>>> Sur le même thème : Insertion par l'activité économique : les effets délétères des coupes budgétaires

IAE

Dans le détail, grâce à ce coup de pouce budgétaire, le montant socle de l'aide financière par poste de travail occupé est fixé à :

  • 13 461 € pour les entreprises d'insertion (EI) en 2026,
  • 4 837 € pour les entreprises de travail temporaire d'insertion (ETTI),  
  • 1 638 € dans les entreprises intermédiaires,
  •  24 203 € dans les ateliers et chantiers d'insertion (ACI), dont 1 248 € au titre des missions d'accompagnement socio-professionnel et d'encadrement technique réalisées par ces structures.

Dans le cas particulier de Mayotte, l'aide au poste pour les EI est fixée à 10 442 €. Soit, dans le détail 

  • 3 751 € dans les ETTI,
  • 1 271 € dans les associations intermédiaires,
  • 18 774 dans les ACI (dont 965 € au titre de leurs missions d'accompagnement).

Quant au montant forfaitaire pour les entreprises d'insertion par le travail indépendant, il s'élève désormais à 455 € et à 353 € à Mayotte.

Entreprises adaptées

Du côté des entreprises adaptées, où le montant de l'aide au poste pour les travailleurs handicapés est calculé au prorata de l'âge de chaque titulaire, son montant est fixé à :

  • 18 445 € pour les travailleurs âgés de moins de 50 ans,
  • 18 683 € pour ceux de 50 ans à 55 ans,
  • 19 164 € pour les 56 ans et plus.

À Mayotte, elle est de 

  • 14 304 € pour les moins de 50 ans ; de 14 494 € pour les 50-55 ans,
  • 14 865 € à 56 ans et au-delà.

Pour 2026, son montant socle est fixé à 5 355 € pour un emploi à temps plein (4 154 € à Mayotte), 4 911 € si le travailleur est mis à disposition à temps plein chez un autre employeur (3 808 € à Mayotte) et 12 600 € pour tout emploi dans le cadre d'un CDD (9 775 € à Mayotte).

Rouleau compresseur

Il n'empêche, ce coup de pouce s'inscrit dans un climat globalement dégradé pour ces structures d'insertion. Si, grâce à la mobilisation de ses entreprises adhérentes tout au long du débat budgétaire, l'IAE a pu éviter les coups de rabot initialement prévus par l'ancien gouvernement Bayrou, la trajectoire financière de l'insertion par l'activité économique ne s'en inscrit pas moins dans une tendance à la baisse de 2,5 %. Et ce alors que 2025 avait déjà vu ses crédits diminuer de 4 %.

Autrement dit, 6,5 % de baisse depuis deux ans, obligeant les employeurs du secteur à réduire la voilure à bas bruit. Quelques licenciements ici ; plusieurs CDD non renouvelés là et, globalement, moins de salariés en insertion accueillis. « En bout de course, nos entreprises diminuent le volume de leurs prestations d'insertion », prévient David Horiot.

Au mois de mai 2026, son réseau devrait d'ailleurs publier son bilan annuel, l'occasion de chiffrer la casse avec précision. « Ces baisses de budget successives, même modestes, c'est l'équivalent pour nous d'un rouleau compresseur. Il avance lentement, mais à terme, il pourrait bien aplatir toute l'IAE », s'alarme le président de Chantier école.

>>> A lire aussi : Dans l'économie sociale et solidaire, les prémices du "grand plan social invisible"

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