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Soins à domicile : « La transformation doit être beaucoup plus radicale » (Cesaad)

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Les membres du Cesaad présente leur Manifeste

Crédit photo Cesaad
Le Cesaad (centre d’études sur les soins, l’aide et l’accompagnement à domicile) vient de publier un Manifeste du prendre soin à domicile. A destination des acteurs du secteur, il traite à la fois de la nécessaire revalorisation des personnels soignants, de l’importance d’un système de financement pérenne ou encore de la modernisation des outils. Tour d’horizon avec David Sadigh et Noël-Jean Mazen, secrétaire et président du Cesaad.

Actualités sociales hebdomadaires : Votre manifeste propose des solutions pour améliorer les soins à domicile. Quelles sont les plus importantes ?

David Sadigh : Il est nécessaire de moderniser technologiquement le secteur et de permettre aux soignants et aux usagers de communiquer plus facilement. Nous sommes dans une sphère extrêmement régulée car les données partagées peuvent être très sensibles. Si cette réglementation est nécessaire, elle peut freiner le processus d'innovation.

Mais le retard est général. Pour preuve, la plupart des plans de modernisation financés par la CNSA [Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie] concentrent encore leurs efforts sur l'équipement des structures en télégestion. Or c’est une solution dont le brevet a été déposé en 1991…

Noël-Jean Mazen : Nous défendons aussi la possibilité de voir des professions intermédiaires (re)venir au domicile. A l'heure actuelle, les médecins ne se rendent quasiment plus chez les personnes âgées. Ce n’est pas normal. En 2018, le gouvernement a encadré la profession d’infirmière en pratique avancée. C’est une bonne idée. Le concept doit se développer. Ces professionnelles constituent le lien entre le médecin, le spécialiste et le patient. Cela permet de re-médicaliser le domicile.

David Sadigh : Enfin, nous appelons de nos vœux une hausse des salaires. En ce sens, nous ne pouvons que nous réjouir de l’annonce de la signature de l'avenant 43. C’est une évolution historique. Même si, hélas, cette revalorisation ne concerne pas tous les professionnels.

ASH : Quels sont les principaux enseignements de votre manifeste ?

D. S. : Il s’agit d’une approche pédagogique du secteur en trois parties, dont la plus importante est notre proposition de charte éthique. Par définition, l’aide à domicile est un domaine dans lequel les professionnels sont isolés. Il nous semble donc important de leur proposer un cadre de référence qui s'appuie sur les valeurs du care.

Pour le reste, nos propositions sont assez classiques, à savoir la valorisation et la reconnaissance de ces métiers et la fin du cloisonnement. Ce dernier pose des problèmes pouvant aller jusqu’à la rupture de parcours.

Si nous constatons des améliorations, ce secteur demeure insuffisamment visible et très engoncé dans des modes de fonctionnement qui ont montré leurs limites, que ce soit en matière de tarification, de financement ou d’organisation. La transformation doit être beaucoup plus radicale.

Le domicile est encore trop souvent considéré comme la maison dans laquelle on a vécu et non pas comme le lieu de vie. Il importe de valoriser les habitats intergénérationnels, les habitats inclusifs ou les résidences services.

N.-J. M. : La plupart des structures ont été créées à la fin des années 1980. Elles ne sont plus adaptées au mode de vie actuel et doivent évoluer. Le problème fondamental du soin à domicile est l'isolement des familles, des aidants et des soignants. Ces derniers sont souvent pris entre deux feux : l’employeur et l’usager. Le manifeste doit les aider dans la manière d’aborder leur métier, à réfléchir sur leurs valeurs, et leur montrer qu’ils ne sont pas seuls.

ASH : Pourquoi le publier maintenant ?

D. S. : Nous avions bouclé la rédaction début 2020, juste avant le premier confinement. Mais la crise sanitaire a retardé sa publication. Nous avons donc réactualisé certains passages afin de donner des clés de lecture au regard de la période que nous traversons. On voit bien à quel point le domicile permet d’éviter un engorgement des services de soins.

N.-J. M. : Au-delà de la crise, notre volonté est d'intégrer le manifeste au cœur de la réflexion globale autour du projet de loi « grand âge et autonomie ». Les rapports « Libault » et « El Khomri » montrent bien que ce secteur est porteur d’enjeux particulièrement importants pour le fonctionnement de notre système de santé. Pour autant, le domicile reste méconnu.

Auteur

  • Propos recueillis par Maxime Ricard

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