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Ehpad : UFC-Que Choisir plaide pour la création de places dans le secteur public à un prix modéré

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Crédit photo Thierry ZOCCOLAN / AFP
Les personnes âgées à la recherche d’un Ehpad se heurtent à d’importantes disparités territoriales, aussi bien en termes de places disponibles que de prix, pointe l’UFC-Que Choisir dans une enquête publiée le 17 mai. L’association recommande de privilégier la création de places dans le secteur public.

« Inégalités d’accès aux Ehpad, une fracture territoriale intolérable qui impose des réformes structurelles. » L’intitulé de l’enquête UFC-Que choisir, publiée le 17 mai, ne laisse pas de place aux doutes : la situation des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) doit changer. En premier lieu, l’association de consommateurs pointe « d’importantes inégalités géographiques ». Si, en moyenne, l’offre en établissement est de 102 places pour 1 000 personnes âgées de plus de 75 ans, le nombre varie du simple au quadruple selon les départements. Alors qu’en Lozère il existe 169 places pour 1 000 habitants, il y en à seulement 41 à Paris.


Crédit photo : UFC-Que Choisir

Si « les besoins d’accès en Ehpad n’ont aucune raison d’être strictement les mêmes dans tous les départements », ces inégalités territoriales ont d’autres conséquences. Ainsi, « alors qu’en Corse au maximum 19 % des personnes dépendantes peuvent être admises en Ehpad, cette part est de 79 % dans le Maine-et-Loire », souligne l'association de consommateurs. Résultat : il existe une pénurie de places plus ou moins marquée selon les départements.

Les Ehpad privés lucratifs deux fois plus cher

Mais la « fracture territoriale » est également financière : si le reste à charge mensuel d’une place en Ehpad atteint 2 214 € en moyenne en France, il varie énormément d’un département à l’autre. Le prix moyen d’une chambre est de 1 749 € dans la Meuse contre 2 521 € dans le Rhône, 2 679 € dans les Alpes-Maritimes, et jusqu’à 3 698 € à Paris. Ces différences de prix s’expliquent par les écarts de tarifs pratiqués selon les établissements. Le prix moyen d’une place en Ehpad privé est de 2 898 € par mois, contre 2 147 € pour une structure associative et 1 936 € dans le public.


Crédit photo : UFC - Que Choisir

Ces différences s’expliquent en grande partie par le poids relatif, dans chaque département, des Ehpad publics, associatifs ou privés à but commercial, ces derniers étant facturés en moyenne 50 % plus cher que les structures publiques. Il existe là encore une forte discrimination territoriale : « les Ehpad privés sont parfois surreprésentés dans certains départements ». Ainsi, et alors qu’en moyenne nationale,il y a 23 % d’établissements privés en France, leur « part de marché » excède 50 % dans huit départements avec un record dans les Bouches-du-Rhône (63,6 %). « Plus la part des Ehpad privés est importante dans un département, plus le prix moyen d’une place est tiré vers le haut », montre l'enquête. Alors même que, au vu de leur ratio de professionnels au service des résidents (55,6 %  contre 68,1 % dans le public), ces derniers n’y sont pas mieux traités que dans le public, selon UFC-Que Choisir.

Trouver une place « à un prix raisonnable »

Médiatisée, en janvier dernier, grâce au  livre Les fossoyeurs, « la stratégie de maximisation du profit des établissements privés », qui ne prend pas toujours en compte le bien-être des résidents, est mise en œuvre « avec l’implicite et déplorable blanc-seing des autorités publiques », dénonce l’UFC-Que Choisir.

Face à ces constats, et dans un contexte où le vieillissement de la population va mécaniquement s’accompagner d’une hausse des situations de dépendance, l’association réclame que « la création de nouvelles places en Ehpad se fasse essentiellement dans les structures publiques ». Cela afin que chaque personne âgée qui le désire puisse trouver une solution « à un tarif raisonnable ». Elle recommande aussi de plafonner les tarifs des établissements privés et de les contraindre à proposer « un nombre suffisant de places éligibles aux aides sociales ». Enfin, elle préconise la mise en place d’un « taux d’encadrement minimal obligatoire » pour tous les établissements.

Auteur

  • Maxime Ricard

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