Recevoir la newsletter

Magazine

Pénurie de professionnels : « L’été s’annonce particulièrement compliqué »

{ element.images.0.titre }}

Pierre Dubois est le président du Collectif des Associations de Personnes Handicapées du Finistère

Crédit photo DR
Attractivité des métiers en berne, équipes à bout de souffle, démissions, difficultés de remplacement… Le secteur médico-social affronte une crise qui touche tous les champs. A la veille des vacances d'été, Pierre Dubois, président du Collectif des associations de personnes handicapées du Finistère (CAPH 29*), s'inquiète des répercussions sur les usagers.

Actualités sociales hebdomadaires - Pourquoi l'inquiétude autour du manque de personnel est-elle plus vive cette année ?

Pierre Dubois : Des professionnels ont démissionné et n’ont pas été remplacés, d’autres sont embauchés mais partent au bout de trois jours, certains n’acceptent plus les CDI (contrats à durée indéterminée), il y a des postes à pourvoir mais personne ne postule. A cela s’ajoutent les départs en vacances des titulaires. Si tous les étés, le problème existe, cette année il va être encore plus important. D’autant que les manques se font déjà ressentir. Des gestionnaires ont envoyé des courriers aux résidents et familles pour signaler que, en raison de la pénurie de personnel, certaines activités ne seront plus proposées. C’est le cas, par exemple, d’une maison d'accueil spécialisée qui stipule dans un courrier que « seuls les actes nécessaires seront réalisés », à savoir le nursing (les toilettes, les soins, l'alimentation). Le reste de la prise en charge sera aléatoire. Nous sommes donc à la limite de la maltraitance. Les personnes en situation de handicap et leurs familles ont le droit à un accompagnement de qualité, même en été.

Quelles pourraient être les conséquences sur le terrain ?

Cette problématique touche tout le secteur. On parle beaucoup des Ehpad, de l'hôpital mais rarement du champ du handicap. Or la pénurie existe aussi dans ce secteur et a des conséquences sur l'accompagnement de ce public. Nous n'avons pas encore eu de remontées quant à d'éventuelles fermetures totales de sites. En revanche, certains accueils temporaires le seront. Ce qui est d’ailleurs paradoxal car les pouvoirs publics du Finistère assurent vouloir augmenter le droit au répit des usagers et de leurs proches. Mais c’est tout l'inverse qui risque de se passer cet été. Nous voulons alerter aussi sur la situation des soins à domicile. En temps normal, les personnes handicapées ont de grandes difficultés à trouver un professionnel qualifié. Alors imaginez cet été, période où elles sont particulièrement vulnérables…

Comment résoudre le problème à long terme ?

Pour attirer de nouveaux professionnels, il ne suffit pas d’augmenter les salaires. Il convient de leur redonner du temps de présence auprès des bénéficiaires. Les démarches administratives sont chronophages : on leur demande de remplir des tableaux, des grilles... Il passe plus de temps derrière des écrans qu’auprès des résidents. Ce n’est pas normal. Cela ne séduit pas les jeunes. Je pense aussi qu'il y a un vrai manque au niveau de la formation. Les professionnels ne sont pas formés aux différents handicaps. Ils passent d'un Ehpad à une maison d'accueil spécialisée, d’un Esat à un foyer de vie alors que les publics sont complétement différents. On n'accompagne pas de la même manière une personne cérébro-lésée et une personne en situation de handicap moteur. Un plan d'urgence ne suffirait pas. Le problème n'est pas conjoncturel, il est bien plus grave. Nous sommes dans la même situation que l'hôpital.

 

*Le collectif regroupe 25 associations représentatives de tous les types de handicap et 15 associations de gestionnaires et se veut l'interlocuteur privilégié du conseil départemental du Finistère. 

Auteur

  • propos recueillis par Maxime Ricard

Div qui contient le message d'alerte

Se connecter

Abonné

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Pas d'identifiants ?

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?
Contactez le service client : par mail Par téléphone : 01.40.05.23.15