Même si leur situation sociale tend à s’améliorer, les conditions de vie des personnes en situation de handicap demeurent encore largement dégradées par rapport à celles du reste de la population. C’est ce qui ressort des données recueillies dans le cadre de l’enquête Statistique sur les ressources et conditions de vie (SRCV) 2024 de l’Insee, compilées et publiées par la Drees en fin d’année 2025.
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Première observation : la part des personnes handicapées vivant en logement ordinaire en France a grimpé de 47 % à 72 % entre 2008 et 2024 avec une hausse particulièrement sensible sur la seule séquence 2021-2024 où elle est entraînée par les 35-54 ans se déclarant « fortement limités » dans leur autonomie. A l’inverse, cette part a décru de 23,1 % à 18,7 % chez les plus de 65 ans depuis 2008.
Incapacité à gérer une dépense imprévue
Sur le plan des conditions de vie, un tiers des personnes handicapées recensées entre 2013 et 2024 se trouvait en situation de privation matérielle et sociale. Comprendre, selon la nomenclature européenne ayant remplacé l’ancien indice de pauvreté depuis 2020, incapable de « couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante sur les treize considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable ».
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C’est, en moyenne, un chiffre deux fois plus élevé que chez les personnes valides où seule une sur six connaît une telle situation de précarité. Ce niveau de privation a toutefois légèrement diminué entre 2022 et 2024 (passant de 39 % à 32 %) après avoir connu une nette augmentation entre 2016 et 2022.
Au quotidien, 52 % de ces personnes en situation de handicap s’avouaient incapables de faire face à une dépense imprévue de 1 000 € (contre 30 % de la population globale). En 2024, 44 % de ces personnes indiquaient ne pouvoir s’offrir une semaine de vacances hors de leur domicile et 37 % de changer leurs meubles hors d’usage. L’accès à la propriété est également plus précaire pour les personnes en situation de handicap : 55 % d’entre elles étaient propriétaires de leur logement contre 63 % du reste de la population en 2024, alors qu’en 2008, la proportion s’équilibrait. La situation des locataires n’est guère meilleure : le plus souvent, ils sont réduits à louer les logements les moins chers du marché.
A cette privation matérielle s’ajoute désormais l’aggravation de leur situation sociale et matrimoniale. Les personnes en situation de handicap connaissaient en 2024 deux fois plus de cas de divorce ou de veuvage que le reste de la population. La proportion de ces personnes vivant en couple a d’ailleurs connu une dégradation de 63 % en 2016 à 53 % en 2024. Dans le même temps, la part de ceux qui vivent seuls ou au sein de familles monoparentales a grimpé de 32 % à 41 %.