D’abord formée aux métiers de la petite enfance, puis ambulancière, j’ai occupé ensuite des postes variés (vente, aide à la personne, garde d’enfants…). À la suite de ma grossesse, j’ai pris un an pour m’occuper de mon fils. À l’époque, Pôle emploi [ex-France travail, ndlr] m’a proposé de découvrir pendant une semaine les métiers du social. La profession de TISF (technicien de l’intervention sociale et familiale), que je ne connaissais pas, m’a plu. Je trouvais intéressant d’aller directement au domicile des familles pour les soutenir dans leur parentalité.
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Pendant mes stages, j’ai découvert une grande diversité d’accompagnements. Au-delà de l’aide à la parentalité, nous sommes un soutien direct pour les parents, notamment quand l’enfant est à l’école. Ce sont des moments importants. Nos missions d’intervention diffèrent aussi selon qu’il s’agit d’un mandat de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ou de la protection maternelle et infantile (PMI).
Plus que des gardes d'enfants
Le métier de TISF est malheureusement méconnu. Même au sein du travail social, on nous identifie souvent comme des femmes de ménage ou des gardes d’enfant. Pourtant, une éducatrice de jeunes enfants (EJE) ou une éducatrice spécialisée ne proposent pas le même type d’accompagnement. Notre profession essentielle mérite d’être connue et valorisée. Dans notre cursus, il y a un gros volet sur le développement de l’enfant, l’assistance familiale, la psychologie.
Parmi les points négatifs : l’amplitude horaire, que je n’imaginais pas si grande. Un inconvénient notamment dû au fait que la rencontre avec les enfants, notre premier but, n’est possible, hors vacances scolaires, qu’avant ou après l’école. Cet emploi du temps décalé impacte ma vie de famille. J’ai aussi parfois été frustrée de voir les limites de nos actions, dues au manque de moyens, de temps, de places, qui entraînent des accompagnements trop légers par rapport aux besoins des personnes.
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Aujourd’hui, je pense intégrer une formation d’assistante de service social, afin d’accompagner les personnes de façon plus globale, au-delà de la parentalité. Même si c’est l’aspect qui m’avait initialement poussée vers ce métier, je crains que la charge émotionnelle ne soit trop lourde à long terme. Je me rends compte qu’en faisant du domicile, on entre dans une sphère très privée. On doit s’adapter aux manières de vivre des gens : ce n’est pas toujours évident. Ce dont je suis sûre, en revanche, c’est de ne pas m’être trompée de milieu. La relation d’aide fait sens pour moi. Et j’ai besoin de sens pour me lever le matin. Je me sens à l’aise dans le social, c’est un milieu que je comprends.
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