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Profession enseignant spécialisé

Enseignant spécialisé

Qu’ils exercent en IME, en Itep, en Segpa, en CMPP, en EPM, à l’hôpital ou en milieu scolaire ordinaire, tous les enseignants spécialisés partagent cette capacité de s’ajuster au fil des situations

Crédit photo Iryna pour Adobe Stock
[LE MÉTIER DU MOIS] En établissement ou en service médico-social, les enseignants spécialisés accompagnent les élèves ayant des besoins éducatifs spécifiques. Leur quotidien conjugue pédagogie sur mesure, capacité d’adaptation et travail en équipe pluriprofessionnelle.

Quelques tables, un tableau, des manuels scolaires, un globe terrestre. À première vue, une salle de classe des plus ordinaires. À ceci près qu’elle se trouve à l’hôpital, et que la jeune femme qui attend les élèves est enseignante spécialisée. Son métier ? Permettre aux enfants en situation de handicap, avec des troubles du comportement ou malades d’accéder à l’instruction.

« Mon rôle est de les aider à apprendre tout ce qui relève du socle commun, mais aussi à acquérir une culture et des codes de comportement en société, comme n’importe quel autre enfant scolarisé », résume Malvina Bernard. Un mot résume son quotidien à l’hôpital de Nantes, où elle exerce depuis trois ans : l’adaptation. Horaires, supports, rythmes, cours individuels ou en petits groupes, tout se module pour favoriser les apprentissages. « Je fais en fonction des soins, du niveau de fatigue et des capacités intellectuelles des enfants. C’est du sur-mesure », décrit celle qui exerçait auparavant en institut médico-éducatif (IME).

Tout comme elle, Barbara Rio a passé plus de quinze ans à accompagner des enfants dans une structure médico-éducative. Aujourd’hui indépendante, elle intervient à domicile auprès de personnes âgées de 7 à 30 ans. « Je prends le jeune là où il en est. Avec ceux qui n’ont pas accès à l’abstraction, j’utilise la monnaie ou quelque chose de concret qui a une utilité pour eux. » Contrairement à l’enseignement classique, où le programme dicte la progression, ici, c’est l’élève qui fixe le rythme.

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Apprendre autrement

Qu’ils exercent en IME, en Itep, en Segpa, en CMPP, en EPM, à l’hôpital ou en milieu scolaire ordinaire, tous les enseignants spécialisés partagent cette capacité de s’ajuster au fil des situations. Intervenant dans plusieurs écoles de Loire-Atlantique, Isabelle Vaillon adopte cette posture professionnelle lorsqu’un enfant rencontre des difficultés persistantes. « Je travaille avec les enseignants qui me font part de leurs observations et des problèmes repérés. À partir de là, je mets en place des réponses pédagogiques personnalisées pour aider l’élève à contourner les obstacles », explique-t-elle.

Après avoir observé et évalué les jeunes concernés, l’enseignante spécialisée conçoit des activités adaptées, structurées et progressives qu’elle échelonne sur 12 séances, en individuel, en petit groupe ou directement dans la classe. « Il m’arrive aussi de reformuler des consignes, de proposer des supports simplifiés ou d’utiliser des pictogrammes ou des logiciels d’aide », complète-t-elle. Ces suivis, bien que ponctuels, demeurent essentiels. Car au-delà des savoirs, l’enjeu est avant tout d’offrir à ces élèves les moyens de gagner en confiance et en autonomie, ce qui suppose patience, écoute et créativité.

Une telle attention ne peut s’exercer qu’en équipe pluriprofessionnelle : enseignants, AESH, psychologues, éducateurs, psychomotriciens, soignants… Un travail collectif qui se révèle souvent payant. « Les enseignants sont reconnaissants de l’aide que je peux leur apporter. Ils ont vraiment envie de faire réussir leurs élèves», observe Isabelle. Pour Malvina, ces petites victoires, même modestes, donnent tout leur sens à son engagement. « Je n’aime rien tant que de voir briller les yeux des enfants, en s’esclaffant : “J’ai compris !” Là, je me dis que je suis à ma place. »

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Comment on le devient ?

Le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (Cappei) est réservé aux enseignants titulaires de l’Éducation nationale, du 1er ou du 2e degré. D’une durée de 300 heures, la formation se déroule généralement sur une année scolaire et combine un tronc commun de 144 heures, deux modules d’approfondissement et un module de professionnalisation.

Les candidats peuvent se spécialiser pour exercer en Rased (aide pédagogique ou relationnelle), en Ulis, en Segpa ou en unité d’enseignement. L’obtention du Cappei, dispensé au sein des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation, repose sur une épreuve certificative comprenant un dossier professionnel et une observation de séance.

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