L'association Envoludia, créée à l'origine par des parents confrontés à l’absence de solutions adaptées pour leurs enfants, compte 22 sites en Île-de-France et dans les Alpes-de-Haute-Provence et accompagne près de 800 enfants et adultes. Elle emploie 600 salariés.
ASH : Quels sont aujourd’hui les principaux besoins d’Envoludia en termes d’embauche ?
Olivia Plantevin : Envoludia est une association qui gère des établissements médico-sociaux et de la petite enfance, majoritairement en Île-de-France, dans le champ du handicap et du polyhandicap. Nous avons environ 600 CDI. Nos besoins couvrent de nombreux métiers : éducateurs spécialisés, éducateurs de jeunes enfants, moniteurs-éducateurs, professionnels du soin et du paramédical. Dans le polyhandicap, nous recherchons notamment des kinésithérapeutes, psychomotriciens, ergothérapeutes et orthophonistes.
>>> A lire aussi : Près d'un ESMS sur cinq contraint d'enfreindre la réglementation sur le temps de travail pour maintenir son niveau de service
La petite enfance est un secteur particulièrement touché par les difficultés de recrutement. Je constate, chez les futurs diplômés que je rencontre, une forme de désamour à l’égard des crèches. Le métier a évolué et le secteur souffre d’un manque de reconnaissance. Les salaires ne sont pas très élevés, mais la question dépasse la rémunération. Pour les métiers de la rééducation, nous sommes aussi en concurrence avec le sanitaire et le libéral : il faut donc donner envie de travailler en établissement.
Comment travaillez-vous l’attractivité des métiers à Envoludia ?
Les salaires étant conventionnés, nous avons peu de marge de manœuvre. Il faut donc travailler une autre attractivité, notamment autour des projets et des conditions de travail. Je vais beaucoup dans les écoles pour rencontrer les futurs diplômés. Des professionnels et des personnes accompagnées de nos établissements interviennent également pour présenter les métiers. Nous avons aussi mis en place des portes ouvertes pour faire découvrir le terrain et le quotidien.
>>> A lire également : Aude Caria (Psycom) : "Les travailleurs sociaux ont toute leur place dans la santé mentale"
Le Salon ASH (ndlr : qui a eu lieu le 8 octobre 2026 à la mairie du XVème arrondissement de Paris) participe de cette démarche. J’y présente l’association et ses projets et, lorsque leurs disponibilités le permettent, je suis accompagnée de professionnels de nos établissements. J’ai une casquette « recrutement » assez généraliste ; leur présence apporte une vision plus concrète du terrain.
Que vous apporte le Salon ASH ?
D’abord, il me permet de gagner en visibilité. Ensuite, c’est un temps d’échange précieux pour rencontrer des profils variés et présenter nos projets. Il y a trois ans, nous avons rencontré sur le salon une personne qui avait travaillé au Liban puis repris des études en France. Elle a ensuite intégré Envoludia comme cadre. Une très jolie collaboration. Une rencontre qui illustre bien ce que peut apporter un salon. Le fait d’échanger, de connaître le parcours d’une personne, sa personnalité et ses motivations permet de créer des passerelles qui ne se seraient peut-être pas faites par un itinéraire classique de candidature. Le recrutement, ce sont aussi des rencontres et des personnalités : ce n’est pas qu’un CV ou un diplôme.
Autre point fort : au fil des années, j’ai eu l’occasion de rencontrer d’autres associations. Le Salon ASH est donc aussi un évènement qui favorise les échanges avec d’autres acteurs du secteur.
>>> Sur le même sujet : Attractivité des métiers : l’Igas dévoile un plan de bataille à 1,4 milliard d’euros