Recevoir la newsletter

Des logements sociaux transitoires en Ille-et-Vilaine

Les modules ont été construits en ossature bois, hors site, par des entreprises locales, puis livrés par camion. Ils sont de plain-pied et entièrement meublés.

Crédit photo Arnaud Loubry/ Rennes Ville et Métropole
[INSPIRATION] Pour faire face à une demande croissante de logements, Rennes Métropole a développé une nouvelle offre d’habitat à vocation sociale en exploitant le foncier public nu.

Le dispositif Sans foncier fixe, une des mesures phares du programme local de l’habitat 2023-2028, est une nouvelle offre d’habitat à vocation sociale lancée en 2023 dans cinq communes de Rennes Métropole, dont la capitale bretonne elle-même. Il s’agit de loger, dans des habitats déplaçables et de façon temporaire, des ménages précaires demandeurs d’un logement social. Où ? Sur des terrains disponibles en attente d’un projet (construction d’un immeuble, aménagement d’un espace public…).

>>> Sur le même sujet : Logements vacants : et si les maires pouvaient les réquisitionner ?

« On dit souvent qu’il y a beaucoup de constructions dans les villes, mais il y a aussi de nombreux espaces libres, de fonciers souvent mis en réserve par la collectivité. Les laisser inoccupés, c’est du gâchis », souligne Nathalie Demeslay, responsable du service « Habitat » de la métropole de Rennes. « Nous voulons utiliser toutes les voies, tous les outils possibles pour agir sur la crise du logement. » Alors que construire « en dur » prend plusieurs années, « le Sans foncier fixe nous permet d’augmenter rapidement l’offre de logements », ajoute Honoré Puil, vice-président « Logement, habitat et gens du voyage » de la métropole.

Situations d’urgence

Ce programme s’inscrit dans un contexte où, en 2023 dans la métropole de Rennes, plus de 26 000 personnes étaient en attente d’un logement social (dont 3 000 demandes urgentes de relogement), contre 16 000 en 2016 (soit +62 %). Malgré l’augmentation continue du parc social, la collectivité peine à répondre aux sollicitations. Qui sont les ménages éligibles dépendant de la filière du relogement social prioritaire ? « Ce sont des personnes en situation d’urgence, seules ou avec des enfants en bas âge, notamment des femmes victimes de violences », précise Nathalie Demeslay.

>>> A lire aussi : Nuit de la solidarité : "Compter, c'est bien, mettre à l’abri, c'est mieux" (Utopia 56)

Après avoir identifié dans un premier temps les fonciers disponibles, Rennes Métropole a réduit sa liste à ceux qui pouvaient rester nus au moins trois ans, avec des réseaux (eau, électricité), des transports et des services à proximité. Les modules ont été construits en ossature bois, hors site, par des entreprises locales, puis livrés par camion. Ils sont de plain-pied et entièrement meublés. « Il n’y a plus qu’à poser ses valises », remarque Nathalie Demeslay.

90 000 euros le module

Une attention particulière a été portée à l’isolation thermique et phonique ainsi qu’à l’éclairage naturel des logements. Tout a aussi été fait pour impacter le moins possible la parcelle, « puisque l’idée est de rendre le foncier à son projet initial », rappelle la responsable du service « Habitat ». « Les personnes payent un loyer unique identique à celui d’un logement social en dur », précise Honoré Puil. Vingt-deux logements ont déjà été construits sur six sites et vingt-deux autres sont programmés. Le dispositif est financé sur les fonds du budget métropolitain. Prix de revient de chaque module : 90 000 €.

Par souci de pédagogie, des réunions publiques ont été organisées en amont. « Notre plus grande crainte, c’était l’acceptation des riverains qui auraient pu avoir peur de ces opérations. Finalement, nous n’avons eu aucun retour négatif », se félicite Nathalie Demeslay. En revanche, Rennes Métropole n’avait pas anticipé les difficultés exprimées par les ménages logés dans ces habitats modulaires. « Certaines personnes se sont senties exposées, vulnérables vis-à-vis des habitants de leur nouveau quartier. Elles ne s’estimaient pas vraiment chez elles car il n’y avait pas de zone tampon, pas de délimitation entre l’espace public et leurs espaces privatifs », raconte la responsable.

Aménagement et plantations

Des petits travaux ont permis de réduire le vis-à-vis avec le voisinage, avec l’aménagement de clôtures, la plantation de végétaux, la création de cheminements piétons depuis la rue et l’installation de boîtes aux lettres. Les premiers modules construits dans le quartier de la Courrouze, à Rennes, seront bientôt déplacés afin de libérer le foncier pour une opération d’aménagement. « Gérer toute la logistique sera à chaque fois un sacré défi », remarque Honoré Puil, qui espère pouvoir pérenniser le dispositif.

>>> A lire également : Familles hébergées dans une ancienne école à Lyon : "un système D qui s'institutionnalise"

Insertion

S'abonner
Div qui contient le message d'alerte
Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?

Contactez le service client abonnements@info6tm.com - 01.40.05.23.15