Recevoir la newsletter

Magazine

Edito - Encore quelques marches…

{ element.images.0.titre }}

Des femmes à la rue, avec leurs enfants, manifestent leur droit à un hébergement digne et pérenne devant la mairie de Paris.

Crédit photo Pauline Tournier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Diantre ! Qu’elle est cocasse, cette histoire ! Le gouvernement français a été sommé de répondre, fin août au plus tard, à un courrier de l’ONU portant sur la scolarisation des enfants handicapés placés en structures d’accueil. Jusqu’ici, rien de drôle, bien au contraire, mais si l’on déroule la pelote, « ça pique », comme disent souvent les élèves : un enseignant, coordonnateur pédagogique de l’unité d’enseignement d’un IME à Narbonne, avait créé en 2018, juste à point, une asso­ciation baptisée L’inclusion en Marche. Moins d’un an après l’élection d’Emmanuel Macron, le nom choisi par son fondateur laisse peu de place au doute quant à la position politique de l’homme. Mais il laisse perplexe : quel rapport entre les marcheurs, en vogue à ce moment-là, et l’enseignement scolaire, censé être placé sous le sceau de l’apolitisme, de la laïcité, principes censés tout de même protéger les enfants de l’influence idéologique de leurs professeurs dans les structures publiques ?

Peut-être ce monsieur a-t-il voulu faire écho à la promesse formulée par son président – zéro élève handicapé sans solution – lors du débat qui avait précédé son élection en mai 2017 ? Quoi qu’il en soit, le prof a dû sérieusement pousser le bouchon à propos de la façon dont l’IME organise, mal à ses yeux, l’instruction des élèves, car après plusieurs convocations par la direction, il a fini par être exclu des réunions pédagogiques. Sûr de son fait, il a donc porté le pet devant le Palais des nations. Lequel a pris la plume pour attirer l’attention du « gouvernement de [son] Excellence » sur les pressions qu’auraient subies l’enseignant. Par sûr que l’Excellence ait apprécié la démarche du marcheur.

« En même temps », à la veille de la rentrée scolaire et à bas bruit, au-delà du cas personnel de cet enseignant, 1 290 enfants en âge d’être scolarisés vivent à la rue. Sans compter les 368 minots de moins de 3 ans qui connaissent le même sort. Si l’on y ajoute les milliers d’enfants en situation de handicap dont les parents restent sans possibilité de scolarisation, ce bilan-là se révèle, lui, comme chaque année, dramatique.

« Ouvrez une école, vous fermerez une prison », clamait Victor Hugo, reprenant de plus anciens que lui. Mais voilà, un nouveau scandale pourrait poindre : après les prisons colonies de vacances qui proposent jeux aquatiques et karting, dénoncées par l’extrême droite, la droite et même le ministre de la Justice, voilà qu’il est question d’un Goncourt des détenus. Sur le modèle de celui des lycéens, les détenus d’une trentaine d’établissements pourront s’exprimer sur le choix d’ouvrages sélectionnés par l’Académie. Et pourquoi pas des bibliothèques dans les cellules, tant qu’on y est ! Qu’il s’agisse, dans des registres bien éloignés, de diffusion de la culture en prison ou de scolarisation d’enfants handicapés ou vivant à la rue, le lien entre défaut d’instruction et exclusion sociale mériterait pourtant d’être à tout le moins reconnu, au mieux réfléchi.

Auteur

  • Lou Dantin

Div qui contient le message d'alerte

Se connecter

Abonné

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Pas d'identifiants ?

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?
Contactez le service client : par mail Par téléphone : 01.40.05.23.15