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Inceste : une caméra au procès d'un père à la cour criminelle de Caen

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Crédit photo Memento / LCP
Les cours criminelles ont été mises en place pour désengager les cours d'assises. Laetitia Ohnona a filmé pour la première fois l'intégralité d'un procès d'inceste. Son documentaire, disponible en replay, revient sur la parole de l'enfant et celle des experts. Il questionne aussi la justice : cette nouvelle instance judiciaire ne comporte aucun jurés citoyens, seulement des juges professionnels.

« J’accuse monsieur d’avoir violé mon fils », lâche une maman dont on ne voit pas le visage, mais dont la voix s’étrangle de larmes. En face d’elle, la juge questionne : « Pouvez-vous nous donner des détails ? ». La mère reprend le récit de son petit garçon d’à peine 7 ans au moment des faits : « Il m’a dit : “T’inquiète pas, maman, c’est que la première fois que ça fait mal.” » Au tour de l’accusé de s’exprimer. Le père explique qu’il a eu une enfance malheureuse, qu’il est impulsif, certes, mais qu’il ne comprend pas pourquoi son ex-femme a porté plainte contre lui : « Je n’ai jamais fait de mal à aucun de mes deux enfants. C’est mon fils, je l’aime. »

Le procès se déroule à Caen, dans le Calvados. C’est la première fois qu’une caméra de télévision plonge au cœur d’une audience de cour criminelle. Cette nouvelle juridiction, dont l’expérimentation vise à désengorger les cours d’assises, ne juge que les crimes dont les peines sont inférieures à vingt ans. Des viols dans 92 % des cas, dont plus de la moitié sont commis sur des mineurs. Le documentaire montre que, sans aveu, les affaires de viols sont parmi les plus difficiles à juger. Le recours à des témoins et à des experts est la règle, comme aux assises.

A la barre, les mots sont violents, embarrassants, crus parfois. Alors reste la parole de l’enfant. Pour la pédopsychiatre qui l’a expertisé, quelque chose ne colle pas : il ne montre pas d’émotion quand il évoque l’acte que son père aurait commis sur lui. Mais lors de l’audition devant les gendarmes, trois semaines avant l’expertise, l’enfant a du mal, il contient. « C’est un mécanisme de défense comme un autre. Je ne peux pas dire qu’il n’ait pas d’affect », affirme cette fois un expert psychologue. Le doute s’immisce, la charge émotionnelle grandit mais à la cour criminelle, pas de jurés citoyens dans la salle d’audience. Seuls cinq juges professionnels statuent en leur âme et conscience. Pour l’avocate Aline Lebret, qui rappelle que le jury populaire est un acquis de la Révolution française, « le faire quitter l’enceinte judiciaire, c’est éloigner le peuple de la justice ».

Notes

« Cours criminelles » – Documentaire de Laetitia Ohnona diffusé le 1er juin sur LCP à 20 h 30 et disponible en replay ici

Auteur

  • Brigitte Bègue

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