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Protection de l'enfance I 30.01.2019

Brice Castel : "Nous sommes convaincus de l'intérêt d'investir massivement dans le service social scolaire"

A l'occasion de la présentation de la feuille de route de la concertation sur la future stratégie nationale de protection de l'enfance, ce lundi 30 janvier, le nouveau secrétaire d’Etat chargé du sujet, Adrien Taquet, a indiqué que l’Education nationale, notamment son service social, serait plus mobilisée dans cette politique. Réaction de Brice Castel, co-secrétaire général du SNUASFP-FSU (1), organisation syndicale majoritaire dans le service social scolaire.

Auteur

  • Marion Esquerré

Quels sont les moyens du service social de l'Education nationale ?

Brice Castel : Nous sommes peu nombreux. Et c'est sa principale limite. Il y a trois branches : le service social pour le personnel du ministère, celui pour les étudiants et, le plus important, celui pour les élèves, qui compte entre 2 500 et 2 600 assistants sociaux. Une partie du problème est dans ce chiffre : on ne peut pas être partout. La plupart d'entre nous sommes sont dans des secteurs de trois ou quatre établissements – en région parisienne, c’est plutôt un à deux établissements – et essentiellement dans le second degré [collège et lycée]. Certains établissements ne sont pas couverts. Et le service social scolaire est très peu présent dans le premier degré [écoles maternelles et élémentaires].

 

Le gouvernement veut renforcer le soutien à la parentalité et améliorer le repérage des enfants en difficultés. Quel rôle peut jouer le service social scolaire dans cette mission, s’il est peu présent dans le premier degré ?

B.C. : C’est bien le problème... Depuis quelques années, les décideurs publics cherchent à réorienter nos interventions dans les établissements du premier degré. Nous-mêmes sommes convaincus du sens de notre intervention dans en maternelle et élémentaire, à la fois pour repérer les difficultés, initier une prise en charge, et pour faire du soutien à la parentalité, mettre en place des actions individuelles ou collectives de prévention.

Le problème, c'est que ce redéploiement se fait au détriment des interventions dans le secondaire, notamment dans les lycées. Or, il est important que nous restions présents auprès des "jeunes majeurs" ou "vieux mineurs". L’adolescence est une période à risques - rupture familiale, mise à la porte du domicile, sortie du système scolaire sans débouchés... Et les adolescents ont peu d'interlocuteurs. Pour toutes ces raisons, notre présence dans les lycées est primordiale.

 

Combien faudrait-il d'assistants de service social scolaire pour garantir une présence dans tous les établissements ?

B.C. : Il y a quelques temps, nous avions évalué les besoins à 5 000 postes supplémentaires. Nous nous étions appuyés sur le nombre de psychologues scolaires. Il faudrait sûrement réactualiser ce chiffre, mais il indique l'ampleur des besoins : nous ne sommes pas assez nombreux dans le secondaire et, dans le premier degré, il y a tout à faire.

5 000 postes supplémentaires, cela parait beaucoup. Mais, au regard du nombre de postes dans l’Education nationale, c’est finalement peu. Nous sommes convaincus de l'intérêt d’un investissement massif dans nos services. Plein de choses se passent à l’école. C'est souvent là que rejaillissent les difficultés vécues à la maison. C’est une porte d’entrée intéressante pour faire de la prévention, auprès des enfants et des parents. Un renforcement du service social scolaire permettrait, par ailleurs, de soulager les autres professionnels de l’Education nationale. Les enseignants, notamment, sont souvent démunis quand ils détectent des choses chez les enfants. C’est toujours plus "simple" et moins chronophage quand ils ont un collègue assistant social qui peut intervenir et faire le lien avec d'autres institutions.

 

Adrien Taquet a évoqué l’idée de "nommer des référents protection de l’enfance’ au sein des rectorats" et de "mobiliser des personnels de l’éducation nationale pour les faire intervenir sur un certain nombre de cas qui sont plus difficiles".

B.C. : Nous n’avons eu aucune information, en dehors que ce qui est sorti dans la presse. Mais, ces deux idées nous ont fait bondir. Elles témoignent vraiment de la méconnaissance à l'égard de notre service... La protection de l’enfance fait partie de nos missions ! Selon des chiffres du ministère, en 2012-2013, environ 60 % des signalements émis dans le cadre scolaire [hors premier degré] provenaient des personnels du service social scolaire. Et à l’échelle des rectorats et des académies, des référents existent déjà : ce sont les conseillers techniques de service social. Ils apprécieront ces déclarations…

Pour l’heure, tout cela nous parait assez obscur et, au regard des premières annonces, nous nous interrogeons vraiment sur la manière dont les services sociaux de l’éducation nationale seront intégrés dans tout cela. Nous sommes souvent oubliés de ce type de réflexions. On pense aux services sociaux des départements, de l’hôpital… mais pas à ceux de l’école. Pourtant, c'est le seul lieu où tous les enfants passent… et beaucoup de temps.

 

(1) Syndicat national unitaire des assistants sociaux de la fonction publique - Fédération syndicale unitaire

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