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Lancement de l’Observatoire du grand âge : « Peser dans les débats publics et influencer les choix futurs »

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Crédit photo DR
Ce vendredi 8 avril, une dizaine d’acteurs des Ehpad (soignants, familles, résidents, avocat…) lancent l’Observatoire du grand âge (OGRA). Objectif : être un interlocuteur privilégié et améliorer les conditions de vie, de travail et de soin dans les établissements accueillant les personnes âgées. Entretien avec Aurélie Aulagnon, membre fondatrice et consultante en gérontologie.

Actualités sociales hebdomadaires - Quels sont les objectifs de l'Observatoire du grand âge ? Qui le compose ?

Aurélie Aulagnon : Cet Observatoire est né de la volonté de Laurent Garcia (cadre de santé en Ehpad) de créer un organisme indépendant de contrôle des Ehpad. Avec mes nombreuses casquettes (ancienne soignante, experte en gérontologie et en sciences politiques), il m’a demandé de rejoindre l’équipe pour aider à structurer le projet en formalisant les attentes de chacun. Actuellement, le bureau exécutif est composé d'une dizaine de personnes dont les journalistes Florence Aubenas et Victor Castanet, l’avocate Maud Guillemet ou encore des représentants de familles et de résidents.

Nous allons mettre en place différents groupes de travail thématiques : la place des aidants, état des lieux du secteur, amélioration des conditions de vie et de travail, etc. L’idée est de se nourrir des retours du terrain, d’être à l’écoute du secteur et d’accompagner au mieux les personnes âgées. Nos propositions viendront directement du terrain.

Qu’avez-vous de différent des autres organismes existants ?

Notre avantage est notre indépendance. Nous ne sommes mandatés par personne. Mais nous allons devoir réfléchir à comment nous intégrer dans l'écosystème car effectivement une multitude de choses existent déjà. Il y a de très nombreux rapports, d’idées, d'innovations mais nous ne savons pas qui finance qui et quoi. L’OGRA doit permettre de savoir comment les demandes sont orientées, comment les finances et les destinataires sont fléchés.

Nous avons à cœur de réunir un maximum de personnes, de fédérer les résidents, les familles, les soignants, les établissements, les mutuelles, etc. Nous avons besoin de faire converger les regards pour peser dans les débats publics et influencer les choix futurs, notamment la loi Grand âge que tout le monde attend. Je peux déjà vous annoncer que Florence Aubenas est chargée de remettre un rapport d'entretiens au mois de décembre.

Qu'a changé la sortie de l'ouvrage Les Fossoyeurs ?

Ce livre a permis de libérer la parole. C'est indéniable. Mais, par ricochet, les plaintes se multiplient et très souvent à l’encontre des soignants. Ce que nous n'avions pas forcément anticipé. On aimerait donc ajouter cette dimension à l'OGRA : apaiser les choses, accompagner, faire de la pédagogie, réexpliquer aux familles que tout n'est pas systématiquement du seul ressort des soignants. Eux sont en bout de chaîne mais c’est bien le système qui est défaillant.

Le gouvernement a annoncé des contrôles supplémentaires par les ARS (agences régionales de santé). Est-ce suffisant ?

Nous sommes contents de voir qu'il y a une prise de conscience des enjeux. Mais le gouvernement n'a pas eu le choix : le sujet s'est imposé à lui. Et les premières mesures nous laissent dubitatifs. Cela n’a pas été fait dans le bon ordre. Il aurait été plus judicieux d’annoncer des moyens supplémentaires pour les soignants au lieu d'un renforcement des contrôles. Nous sommes donc très prudents.

 

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  • Propos recueillis par Maxime Ricard

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