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Covid-19 : les appels pour maltraitance envers les personnes âgées et les adultes handicapés ont augmenté

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En 2020, avec la pandémie, les appels à la Fédération 3977 pour maltraitance envers les personnes âgées sont à la hausse

Crédit photo Pixel-Shot - stock.adobe.com
Selon les premiers chiffres révélés aux ASH par Pierre Czernichow, président de la Fédération 3977, en 2020, les appels permettant d’ouvrir un dossier pour maltraitance ont augmenté de 6 %. Mais, pour la première fois en trois ans, la plateforme a reçu moins d’appels pour d’éventuelles violences en établissement.

L'augmentation des violences conjugales et des maltraitances sur les enfants ont été une réalité pedant le premier confinement. Mais quel a été le sort des personnes âgées et/ou en situation de handicap ? Le sujet n’a que très peu été abordé.

Alors que le rapport 2020 de la Fédération 3977, plateforme téléphonique d’alerte sur les risques de maltraitance envers ces publics, est attendu pour mi-mars, son président, Pierre Czernichow, révèle aux ASH que le dispositif « a constaté une hausse de 6 % des situations permettant d’ouvrir un dossier pour maltraitance ».  En 2019, le dispositif  avait reçu plus de 25 000 appels et ouvert plus de 6 800 dossiers.

Maltraitance à domicile et « mise sous cloche » en instituion

Ces violences s’exercent de manière très différente selon les lieux. A domicile, ce sont souvent des histoires de famille, d'argent, de droits de succession, des règlements de compte... Les maltraitances sont à la fois psychologiques, physiques ou liées à de la négligence. En établissement, ce sont très souvent les professionnels qui sont mis en cause par les familles.

« L'année 2020 est très contrastée. Il y a eu une hausse du nombre d'appels pour les situations de maltraitance à domicile et une baisse pour celles en établissement, détaille Pierre Czernichow. Ce qui ne veut pas dire qu'il y a eu moins de violences en institution. Tout se passe comme si l'épidémie avait provoqué une sorte de mise sous cloche de ces situations en établissement. »

Une explication est que, en raison du confinement, les familles n’ont pas pu se rendre dans les structures et n’ont donc pas constaté d’éventuels mauvais traitements. Pourtant, les alertes sur les résidents enfermés dans leur chambre ont été nombreuses. « Il est possible que ces situations, qui sont incontestablement des faits de maltraitance, n'ont pas été interprétées comme telles mais plutôt comme des effets collatéraux de la crise sanitaire », explique Pierre Czernichow

Les risques de la cohabitation avec les enfants

Au domicile, la liberté de circulation offre habituellement des moments de soupape en cas de crise. Or, avec le confinement ou le couvre-feu, les possibilités de sorties diminuent. La tension est donc permanente. « Les ingrédients sont là, la marmite explose, pointe Pierre Czernichow. » Autre hypothèse : « Pour nous, un grand classique, c'est quand un fils ou une fille, en difficulté sociale (chômage, divorce, etc.), retourne vivre chez ses parents âgés. Cette cohabitation forcée est un terreau pour générer de la maltraitance au sein d'une famille. En raison du contexte social, ces situations sont plus fréquentes. »

La loi actuelle limite les possibilités de porter plainte contre ses propres enfants. Aussi, la députée LaREM (Essonne), Stéphanie Atger, a-t-elle récemment déposé une proposition de loi visant à mieux protéger les personnes âgées et vulnérables. « Pour un certain nombre de violences constatées par la plateforme, les descendants bénéficient d'une forme d'impunité, d’immunité sur leurs ascendants, déplore-t-elle. De manière générale, sur ces sujets, la parole a du mal à se libérer. C’est un fléau silencieux. Ma proposition de loi sert à poser le débat, à mettre la lumière sur ces situations dont personne ne parle. »

Une initiative que Fédération 3977 voit comme un « signal sociétal ».

Auteur

  • Maxime Ricard

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