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Seisachtheia

EDITO SEISACHTHEIA PRESTATIONS SOCIALES PAUVRETE

A l'époque des Grecs anciens, le concept de « Seisachtheia » signifiait littéralement « soulagement du fardeau ».

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L’équation est suffisamment simple pour que je la comprenne, en dépit de mon niveau en maths plutôt médiocre : 1) le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté augmente de jour en jour ; 2) la dette de l’Etat se creuse, et d’aucuns pensent qu’elle est devenue « ingérable » ; 3) il faut faire « des efforts » pour la combler.

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Jusque-là, d’accord. On se demande pourquoi le postulat numéro 2 n’a pas permis de résoudre le postulat numéro 1, mais sinon, ok.

Non, là où je commence à décrocher, retrouvant mes angoisses de collégienne face à un devoir d’algèbre, c’est lorsqu’une quatrième donnée, totalement irrationnelle, vient percuter l’énoncé de cet épineux problème : imposer aux plus précaires de financer le trou dans la caisse. En l’occurrence, tout dernièrement, l’idée d’instaurer un délai de carence pour certaines prestations sociales aux étrangers telles que le RSA, les APL, les allocations familiales ou le minimum vieillesse. Ce qui, si je ne m’abuse, revient à nier le point numéro 1, faussant de facto tout le calcul.

Parce que, même si l’on fait abstraction de son caractère anti-républicain– notre modèle de protection sociale ne tient plus si on l’ampute de sa dimension inconditionnelle –, cette annonce alimente le cercle vicieux de la précarité. Exiger des plus fragiles de faire (encore) des sacrifices ne peut que dégrader davantage leur situation ; de précaires, ils tomberont dans l’exclusion et la misère ; les pouvoirs publics seront à terme dans l’obligation de financer davantage de dispositifs d’urgence pour gérer la crise. CQFD.

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Alors, au lieu de rivaliser d’ingéniosité pour ponctionner dans les maigres ressources des plus vulnérables, et ainsi ne surtout pas chercher l’argent là où il est, il faudrait peut-être s’inspirer des Grecs anciens et de leur concept de « Seisachtheia », littéralement « soulagement du fardeau ».

Remontant à près de 600 ans avant J.-C., ce terme désignait dans la cité d’Athènes un ensemble de lois ayant eu pour but de supprimer la « servitude pour dettes » des plus pauvres et d’interdire l’esclavage en raison d’un quelconque passif. Mesure ayant mis, provisoirement, fin aux tensions sociales entre propriétaires terriens et paysans.

Même si la véritable source du problème, le partage des terres, a encore perduré pendant des siècles, et même si aujourd’hui en France la dette est publique, il y a quand même matière à réfléchir…

Allégeons le fardeau de ceux qui n’ont déjà rien, ou sinon nous coulerons tous ensemble.

Bonne semaine à tous.

>>> Sur le même sujet : Allocations versées aux étrangers : l'instauration d’un délai de carence ne passe pas 

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