Cette édition 2026 du festival propose 19 films en compétition - 11 fictions, 6 documentaires et 2 films d’animation - diffusés dans 11 régions et 65 sites de projection.
ASH : Sous quel signe se place cette nouvelle édition du Festival du film social ?
Alain Lopez : Alors que l'an dernier nous avions mis en avant la santé mentale et avions obtenu le label Grande Cause nationale, nous nous intéressons cette année à la question du lien. Tous les films de la sélection peuvent être regardés sous ce prisme. Un court-métrage, qui sera projeté lors de la cérémonie de clôture, parle par exemple du lien entre un enfant, sa mère biologique et sa mère d’accueil. « À bas le soleil », de Lucien Lepoutre, retrace quant à lui l’histoire d’une danseuse perdant la vue et ne pouvant plus pratiquer. Alors qu’elle se retrouve isolée, elle fait la rencontre d'autres personnes malvoyantes qui vont la soutenir.
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L’objectif du festival est de sensibiliser le public au vécu des personnes en difficulté sociale. Lorsque nous visionnons un documentaire, une fiction ou un film d'animation, nous arrêtons de zapper, nous regardons et nous écoutons. Tenus par le fauteuil, nous faisons une pause dans cette agitation permanente du quotidien. Nous nous concentrons sur la représentation d’un destin. Je pense que cela amène à une meilleure prise de conscience de ce que vivent certaines personnes autour de nous, que nous ne faisons parfois que croiser. Les films permettent de susciter plus de cohésion.
Comment a évolué le festival depuis sa première édition en 2019 ?
Il existe, d’une part, une meilleure qualité cinématographique des films sélectionnés, puisque nous avons plus de savoir-faire, que nous sommes en contact avec des réalisateurs qui nous connaissant, nous adressent des films D’autre part, le festival continue de s'étendre géographiquement d’année en année. Cette année, de nouveaux sites nous ont rejoints, à Pau, au Mans, en Corse… Nous nous en réjouissons d’autant plus que nous ne mettons pas en place de publicité particulière autour de l’évènement, nous n’en avons pas les moyens. Ce sont de nouveaux acteurs qui, découvrant le festival, nous interpellent et se disent intéressés. Pour cette édition 2026, le festival se tient dans onze régions, plus d'une quarantaine de villes, et comprend 65 sites de projection.
Est-ce que votre public a lui aussi évolué ?
Nous progressons assez lentement vers le grand public pour éviter un effet « château de cartes ». Cela demande en effet beaucoup de logistique d’organiser le festival sur autant de sites. Pour le moment, une part importante de notre public, environ les deux tiers, est composée d'étudiants en travail social. Il y a également des travailleurs sociaux et de simples spectateurs s'intéressant aux questions sociales.
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Chaque année, nous touchons par ailleurs davantage de lycéens. Nous en sommes ravis et nous espérons que certains trouveront dans ces films des raisons de s'engager dans des métiers du social par la suite. Il suffit d'assister à quelques projections avec des étudiants ou des lycéens pour mesurer l'impact du visionnage des films sélectionnés. Les débats qui suivent les projections sont toujours très riches.
Comment s'articulent les partenariats sur le terrain pour faire vivre l’évènement ?
Notre réseau de partenaires s'étoffe à chaque édition. De nouvelles écoles de travail social nous rejoignent chaque année et se saisissent du festival pour engager toute une dynamique locale, allant bien au-delà de l’évènement en lui-même. Dans l’Essonne, par exemple, l'Irfase (Institut de recherche et de formation à l’action sociale de l’Essonne) a entraîné avec lui le Grand Paris Sud, la mairie d'Évry, la Scène nationale et l'université d'Évry. Grâce à cela, les projections des films peuvent avoir lieu dans des auditoriums et des salles de cinéma mises à disposition par ces partenaires, qui, en plus, soutiennent financièrement le festival. À Limoges, l’IRTS (Institut régional du travail social) a réussi à fédérer l’ARS (Agence régionale de santé), l'hôpital psychiatrique et d'autres acteurs locaux autour de l’événement.
Est-ce possible de continuer à faire vivre le festival au-delà du mois d'octobre ?
Oui, mais nous sommes conscients que cela demande du temps et de l’investissement. Nous le savons, beaucoup de charges pèsent déjà sur les établissements de formation. Nous aimerions rendre possible la projection des films de la dernière sélection ou des sélections passées grâce à une plateforme numérique qui en simplifierait l’accès. Nous sommes en train d’y réfléchir, car nous sommes effectivement souvent sollicités pour prolonger la réflexion autour des films durant l’année.
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