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Violences conjugales : un décès enregistré tous les trois jours

Violences conjugales : un décès enregistré tous les trois jours

L'étude montre notamment qu'au cours de l'année 2025, 82 % des victimes étaient des femmes, et 82 % des auteurs étaient des hommes.

Crédit photo metamorworks - stock.adobe.com
Sur la base d’un questionnaire envoyé aux services d’enquête, la délégation aux victimes, service du ministère de l'Intérieur chargé d'améliorer l'accueil, l'écoute et la prise en charge des victimes, a recueilli des éléments permettant de mettre en lumière les statistiques concernant les victimes de morts violentes au sein d’un couple au cours de l’année 2025.

Au cours de l’année 2025, la délégation aux victimes (DAV) a recensé 136 victimes de morts violentes au sein d’un couple, avec 109 qualifications de meurtre, 19 d’assassinat et 9 de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il s’agit ici des premières données apparaissant dans un rapport publié par le ministère de l'Intérieur, le 13 octobre 2026.

Des chiffres en hausse. Parmi les tentatives d’homicides au sein du couple, l’étude note une augmentation importante, en passant de 403 en 2024 à 445 en 2025 sur l’ensemble du territoire. Cette part représente 10 % de l’ensemble des tentatives d’homicides volontaires. Soit une augmentation de 1 % par rapport à 2024.

>>> A lire aussi : La loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale

En moyenne, sont recensés 11 faits tous les mois, soit un décès tous les trois jours, majoritairement entre 19h et 00h59, avec 32 % des faits commis durant cette tranche horaire.

Zones de commission des violences. En termes de répartition géographique en métropole, le Grand Est, les Hauts-de-France et l’Ile-de-France sont les régions principalement concernées, avec 16 victimes chacune. En outre-mer, La Réunion enregistre trois victimes, suivie de la Guyane et de la Nouvelle-Calédonie avec deux victimes.

  • Les faits se produisent principalement au sein du domicile du couple (76 %) avec 66 victimes.
  • Avec 12 % des faits commis dans l’espace public, le rapport note une augmentation de 5 % par rapport à 2024.
  • Par ailleurs, dans 17 % des cas, l’enfant du couple est présent sur les lieux, qu’il soit ou non témoin de la scène.

Le mode opératoire. Trois modes principaux ont été repérés par le ministère de l’Intérieur :

  • Le recours à une arme (65 %).
  • L’asphyxie (12 %).
  • Les coups (10 %).

Le mobile. Il s’agit majoritairement de disputes (36 faits dénombrés) et de séparations non acceptées (30 victimes). Ce sont également les principales causes de passage à l’acte (49 % des cas recensés).

Profils des auteurs et des victimes. Au cours de l’année 2025, 82 % des victimes étaient des femmes, de nationalité française (84 %), n’exerçant pas ou plus d’activité professionnelle (63 %).

Dans la majorité des cas, les victimes féminines étaient âgées de 50 à 59 ans (23 %) avec un âge médian à 51 ans, et les victimes masculines étaient en moyenne âgées de 48 ans.

En ce qui concerne les auteurs, dans 82 % des cas, il s’agissait d’hommes, principalement âgés de 30 à 39 ans (25 %), de nationalité française (78 %), et majoritairement sans emploi (59 %).

Par ailleurs, le rapport note que 67 % des décès sont intervenus au sein de couples cohabitant en 2025, 17 % concernent des couples divorcés ou séparés, et 16 % des couples non officiels. Ont également été recensés trois décès survenus dans un couple homosexuel.

Contexte du passage à l’acte. Dans 37 % des cas, l’auteur avait consommé au moins une substance permettant d’altérer le jugement (alcool, médicament ou stupéfiants).

  • 25 auteurs et 20 victimes ont fait l’objet d'un suivi psychologique et psychiatrique.
  • En outre, dans 37 % des cas (41 personnes), les victimes féminines avaient déjà subi des violences auparavant, principalement physiques, et 25 d’entre elles (soit 61 %) avaient signalé ces faits aux forces de l’ordre en 2025 (contre 74 % en 2024).
  • Et sur ces 25 victimes, 22 avaient déposé plainte contre leur auteur. Les victimes masculines, quant à elles, avaient déjà subi des violences antérieures pour 20 % d’entre elles.

>>> Pour compléter : Quand la victime est exclue et l'agresseur protégé : comprendre le séisme familial lors de la révélation de l’inceste

Dans 32 % des cas, les auteurs étaient connus des services de police et de gendarmerie pour des faits de violences, dont 72 % pour des violences conjugales sur un partenaire ou un ex-partenaire, et 3 auteurs étaient visés par une interdiction d’approcher la victime.

Présence des enfants. Dans 17 % des cas, le fait qu’ils se trouvent sur place n’empêche pas le passage à l’acte. Sur 51 affaires de morts violentes au sein du couple, 106 enfants sont devenus orphelins de père, de mère ou des deux.

Par ailleurs, c’est dans ce contexte de violences que des infanticides ont été commis, soit :

  • Concomitamment à l’homicide d’un des deux parents, sur trois mineurs.
  • Sur fond de conflit conjugal, mais sans qu’un parent ne soit victime d’un homicide, dans le cadre de cinq dossiers, sur six enfants.

À noter que la remise de ce rapport s’inscrit notamment dans le contexte de l’examen prochain au Sénat de la proposition de loi intégrale de protection des victimes de violences sexistes et sexuelles.

>>> Retrouvez ici : le rapport de la DAV <<<

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