« Condamnés avant d’avoir grandi ? » C’est l’interpellation que lance Apprentis d’Auteuil, à travers ce nouveau sondage OpinionWay sur le poids des déterminismes sociaux. Une façon de rappeler que 160 ans après sa création, la fondation continue de lutter au quotidien dans ses différents établissements contre les préjugés liés à l’origine social.
Des déterminismes perçus
Pour une grande majorité des Français, le milieu – et le lieu - d’origine continue de conditionner les vécus, de façonner les futurs, voire de condamner les individus.
- 60 % pensent que la société condamne par avance certains enfants selon leur milieu social. Un ressenti particulièrement fort chez les plus jeunes et les moins aisés.
- 81 % affirment que le lieu où l'on grandit conditionne fortement les opportunités auxquelles on a accès.
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Au-delà des écarts économiques, culturels ou territoriaux évidents, ils ont largement conscience des mécanismes moins visibles, qui enferment – dès l’enfance – dans des cases figées.
- 79 % reconnaissent que l’on projette plus facilement un avenir « à problèmes » sur les enfants de milieu modeste que sur ceux de milieu favorisé.
- 66 % pensent que les préjugés liés à l’origine sociale collent à la peau toute la vie.
Clairvoyants sur les freins à la fluidité sociale, les Français restent toutefois attachés au pouvoir de la seule volonté.
- 61 % ont le sentiment que la formule « quand on veut, on peut » est juste. Une vision plus largement partagée par les hommes, les plus âgés, et les plus aisés.
Des déterminismes vécus
Au-delà des constats, les Français disent avoir eux-mêmes expérimenté les déterminismes :
- Plus d’un tiers des Français ont eu l’impression, enfants, que tout était écrit d’avance.
- Enfants, 4 Français sur 10 se sont déjà sentis jugés ou catalogués en raison de leur milieu social d’origine.
- Plus de 1 sur 2 disent que certaines trajectoires (études, métiers) n’étaient pas faites pour eux.
- 4 sondés sur 10 ont déjà eu le sentiment que leur manière de parler, leur comportement ou références culturelles leur ont fermé des portes (43 %).
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Des efforts personnels encore très valorisés
Interrogés sur ce qui a le plus compté dans leur parcours personnel, les Français citent d’abord leur volonté et leur engagement personnel (55 %), leurs études ou formations (54 %), les rencontres marquantes (39 %), puis les ressources familiales (35 %) et le milieu social dans lequel ils sont nés (22 %), ainsi que le territoire où ils ont grandi (21 %).
« Une manière de valoriser leurs efforts personnels ou de préserver un sentiment d’agir dans un système largement perçu comme verrouillé ? Les chiffres ne le disent pas. Mais ils divergent selon les classes sociales », explique Apprentis d’Auteuil. La volonté et l’engagement personnel comme le rôle de l’école sont largement plus cités par les plus aisés (61 % et 60 %) que par les plus modestes (49 % et 48 %).
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