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#balancetontravailsocial : « plus le témoignage est grave, moins la situation est prise en compte »

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Le collectif « Travail social de demain » vient de lancer le hasthag « Balance ton travail social ».

Crédit photo Collectif TSD
Le 12 mai, Audrey Adam, conseillère en économie sociale et familiale (CESF), a été tuée par un octogénaire qu’elle accompagnait à domicile. Face au faible écho médiatique de ce drame, des professionnels ont créé le collectif Travail social de demain (TSD). Après une pétition en ligne, ils viennent de lancer le hashtag #Balancetontravailsocial afin de libérer la parole.

Actualités sociales hebdomadaires : Quelle est l’origine de votre collectif ?

Collectif « Travail social de demain » : à la suite de l’assassinat de notre collègue Audrey Adam, nous, travailleurs sociaux de tous horizons (assistants sociaux, conseillers en économie sociale et familiale, éducateurs spécialisés, moniteurs-éducateurs, accompagnant éducatif et social, techniciens de l’intervention sociale et familiale), avons décidé de nous exprimer. Nous avons été choqués par ce drame et par le silence médiatique qui s’est ensuivi. Au même moment un policier avait été assassiné et tout le monde en a parlé. On pensait qu’Audrey allait elle aussi recevoir un hommage. Cela n’a pas été le cas. Ce silence nous est insupportable. La première chose a été de lancer une pétition adressée à Emmanuel Macron, au gouvernement et aux députés.

Quelles sont vos revendications ?

Collectif TSD : L'idée est qu’il y ait une prise de parole, une considération des travailleurs sociaux et, surtout, qu’un hommage soit proposé à la famille d'Audrey Adam. Il ne s’agit pas de comparer une profession à l'autre, en l’occurrence les policiers et les travailleurs sociaux. Ou un assassinat à un autre, celui d’Audrey Adam et celui d’Eric Masson. Mais la différence de traitement médiatique nous laisse pantois. Quand un policer est tué, il reçoit un hommage national, et tant mieux d’ailleurs. Quand c’est un travailleur social, il n’y a personne. C’est hallucinant. D’autant qu’Emmanuel Macron s’est déplacé dans l’Aube [département où Audrey Adam a été assassinée, ndlr] le jour de ses obsèques.

Le gouvernement et la société doivent se rendre compte de ce que les travailleurs sociaux subissent au quotidien.

ASH : Vous avez lancé le 24 mai le hashtag #Balancetontravailsocial. Combien de témoignages avez-vous reçu depuis ?

Collectif TSD : Nous en recevons des dizaines par jour, à raison d’un par heure environ. Pour un total dépassant la centaine. La parole est en train de se libérer. Mais le plus effrayant, c'est que ces témoignages sont de plus en plus trash. En les médiatisant, nous cherchons à obtenir une réaction de notre ministre de tutelle. Une prise de conscience est nécessaire. La pétition a reçu près de 44 000 signatures et, pourtant, nous n’avons aucun retour politique. Le plus terrible est de constater que plus le témoignage est grave, moins la situation est prise en compte. Les salariés ont l'impression de ne pas être soutenus. Certains employeurs ne veulent pas aller porter plainte avec eux, même en cas de viol. C'est hallucinant de lire ce genre de choses, de voir que des employeurs n’assument pas leurs responsabilités.

Auteur

  • Propos recueillis par Maxime Ricard

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