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Aide à domicile : des discriminations systémiques

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30 % des professionnelles du service à la personne déclarent avoir déjà été témoins de discrimination.

Crédit photo Davizro Photography - stock.adob
Dans le secteur de l’aide à domicile et plus généralement des services à la personne, 23 % des professionnelles déclarent avoir déjà vécu une discrimination, selon le dernier baromètre du Défenseur des droits et de l’Organisation internationale du travail (OIT).

C’est une 15e édition particulière. Dans leur nouveau baromètre annuel sur la perception des discriminations dans l’emploi, le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du travail (OIT) ont décidé de s’intéresser aux métiers des services à la personne. Avec cette « approche sectorielle », les deux entités entendent rendre davantage visibles les réalités vécues par les salariées de ce secteur, que la pandémie de Covid-19 n’a pas permis de mettre suffisamment en lumière. Premier constat de cette enquête* menée par Ipsos en juin dernier : 30 % des personnels interrogés déclarent avoir déjà été témoins de discrimination ou de harcèlement discriminatoire dans le contexte professionnel, une proportion moins élevée que dans la population générale (41 %).

Des emplois du temps différenciés

Les salariées sont 23 % à signaler avoir elles-mêmes été victimes d’une discrimination au cours de leur carrière ou durant leur recherche d’emploi et près d’un tiers d’entre elles déclarent y avoir été confronté à plusieurs reprises. Celles nées à l’étranger sont plus exposées que les autres puisque près de la moitié d’entre- elles rapporte avoir déjà été discriminée, contre 21 % parmi celles nées en France métropolitaine. Un tiers des professionnelles ont par ailleurs déjà reçu des remarques gênantes sur leur tenue ou leur physique et « 20 % d’entre elles ont déjà reçu des propos, écrits ou images à caractère sexuel dans le cadre de leur activité professionnelle ».

Les discriminations liées à l’apparence physique sont les plus citées par les personnes interrogées (32 %), arrivent ensuite celles liées au fait d’être une femme (24 %), à l’âge (22 %) et à la situation familiale (21 %). Parmi les contextes de discrimination, reviennent fréquemment  l’attribution différenciée des plages horaires de travail (33 %), le nombre d’heures de travail par semaine (22 %), ainsi que les bénéficiaires qualifiés de plus « difficiles » (22 %).

Conséquence sur la santé mentale

Toutes ces discriminations ne sont pas sans impact sur le parcours de vie de ces travailleuses, dont le statut est particulièrement précaire. Deux tiers des personnes discriminées confient ainsi avoir observé des répercussions délétères à la suite des faits et 70 % témoignent de conséquences sur leur santé mentale (dépression, fatigue, tristesse, peur…). « L’ampleur et la dimension systémique des discriminations ne se mesurent pas seulement à leur fréquence, mais également aux effets durables et délétères sur les parcours professionnels, la santé et les relations sociales des personnes qui en sont victimes », souligne le Défenseur des droits.

Les métiers des services à la personne, actuellement confrontés à des conditions de travail dégradées, sont essentiellement exercés par des femmes (87,3 %). Les salariées nées à l’étranger y sont également surreprésentées : 14,5% contre 5,5 % dans le reste de la population.

 

*Ipsos a mené l’enquête sur deux panels, l’un de 1 000 personnes travaillant dans le secteur des services à la personne et l’autre de 1 000 individus actifs représentatifs de l’ensemble de la population active française.

 

>> Baromètre de la perception des discriminations dans l’emploi du Défenseur des droits et de l’Organisation internationale du travail

Auteur

  • La rédaction

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