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Les femmes précaires sont davantage exposées aux problèmes de santé

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88 % des femmes interrogées par Agir pour la santé des femmes ont vécu des violences au cours de leur parcours de vie.

Crédit photo STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
D’après un millier de témoignages, l’association ADSF - Agir pour la santé des femmes dresse un état des lieux de la santé physique et mentale des femmes qu’elle accompagne. Par manque de prévention, nombre d’entre elles déclarent des pathologies de façon plus précoce que la moyenne nationale des femmes.

« L’idée est de produire une photographie de ce que vivent les femmes que nous accompagnons et de leur état de santé », explique Nadège Passereau, déléguée générale de l’association ADSF - Agir pour la santé des femmes, pour introduire la présentation de l’état des lieux de la santé des femmes en situation de précarité en Ile-de-France. Réalisé à partir de données récoltées sur le terrain et fondé sur les témoignages de 1001 femmes, ce bilan révèle que 88 % ont vécu des violences au cours de leur parcours de vie.

Dans le détail, elles sont près d’un tiers à déclarer avoir subi des violences sexuelles, 27 % des violences intrafamiliales, 20 % à avoir été victimes de traite et plus de 18 % à faire état de mutilations génitales. « Ces chiffres sont issus de leurs déclarations, mais il faut savoir que beaucoup ont du mal à nous parler du fait des traumatismes », souligne Nadège Passereau. Elles sont, par ailleurs, 8 % à consommer des substances addictives, essentiellement de l’alcool ou du crack, précise l’ADSF.

Manque de dépistages

Concernant leur santé physique, l’association observe une prévalence de certaines pathologies cardiovasculaires et maladies respiratoires. Des conclusions qui s’expliquent, entre autres, par un manque d’accès aux dépistages et à des conditions de précarité différentes de celles des hommes.

Autre constat préoccupant : 66 % des femmes du panel rapportent des troubles du cycle menstruel. Elles sont 28 % à présenter des fibromes à un âge moyen de 35 ans, alors que la moyenne nationale s’établit à 23 % pour un âge moyen de 43 ans. Dans le même sens, 37 % ont vécu au moins une IVG (interruption volontaire de grossesse), tandis qu’à l’échelle du pays la moyenne est d’environ 15,6 pour 1 000 femmes. Les femmes précaires sont également une large majorité à ne pas avoir de contraception (70 %), contre 8 % pour l’ensemble des femmes en France.

En raison d’un état de souffrances psychiques, près d’un tiers des femmes interrogées demandent par ailleurs « spontanément » un accompagnement psychologique.

Pour aider au mieux ce public précaire, l’ADSF propose un accompagnement et un suivi destinés à faciliter la prise en charge par l’offre de soins. Cette coordination se traduit par la mise en place d’évaluations médico-psychologiques et sociales, la création de fiches de liaison ou encore la prise de rendez-vous auprès des établissements adéquats.

« Le système de soin n’a pas toujours assez de temps pour répondre à ces publics spécifiques, pointe Nadège Passereau. Parfois, la rencontre est ressentie comme une violence par les femmes, ou alors celles-ci sont mal orientées. Sans cet accompagnement, il y a de grandes chances qu’elles renoncent. »

Auteur

  • Marie Nahmias

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