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Alimentation des personnes sans-abri : l’urgence d’une vision de long terme

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Distribution de nourriture à la Gaité Lyrique, à Paris, par l'Armée du Salut et l'association La Chorba   

Crédit photo Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Comment permettre aux personnes sans domicile fixe de pouvoir se nourrir correctement ou préparer des repas ? C’est un des thèmes que la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) abordera lors de son congrès les 15 et 16 juin à Rennes.

Privés d’une « vie active et saine ». Les termes de la Fédération française des banques alimentaires ne laissent place à aucune ambiguïté : 3,5 millions de personnes en France se trouvent en situation d’insécurité alimentaire, c’est-à-dire dans l’incapacité d’avoir accès à une quantité suffisante de nourriture saine et équilibrée.

Distribués par le gouvernement à 60 000 personnes sans domicile fixe lors du premier confinement, les « chèques-services » ne pourront atteindre une efficacité pérenne sans un investissement financier qui inclura l’accessibilité à un équipement de cuisine. Car préparer à manger ou stocker des denrées, lorsqu’on vit à la rue relève d’une gageure. « Sans cela, les bénéficiaires sont poussés à acheter des denrées froides, industrielles et de mauvaise qualité nutritionnelle. L’intérêt des chèques-services dépend du lieu de vie des bénéficiaires », affime Marine Malberg, chargée de mission « hébergement et alimentation » à la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et animatrice d'un atelier sur le sujet au congrès annuel de l'organisation à Rennes, les 15 et 16 juin.

Sortir de l’urgence

Certains organismes, à l’instar du Palais de la Femme, centre d’hébergement et de stabilisation (CHS) accueillant des femmes isolées à Paris, avait déjà opté, avant la crise sanitaire, pour l’attribution de tickets d’achat alimentaire. « Ils permettent l’autonomie dans la préparation des repas », explique Juliane Charton, directrice adjointe de la structure. Mais, faute de moyens, les centres d’hébergement d’urgence (CHU) et les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) ne disposent pas toujours d’espaces dédiés à la distribution de repas ou de cuisines en libre-accès. 

Dans le Pas-de-Calais, cependant, le dispositif des chèques-services a profité à 2 829 personnes durant le confinement. Dans son bilan, la direction départementale de la cohésion sociale a relayé la demande des professionnels de l’accueil de pérenniser les dons afin d'élargir les publics bénéficiaires et surtout de pallier les difficultés rencontrées : refus des chèques-services par certains magasins, date de péremption trop courtes, exclusion du dispositif des personnes vivant en zones rurales.

L’alimentation dans la Constitution

« L’aide alimentaire ne s’arrête pas à la dimension nutritive, précise Marine Malberg. Pour garantir une prestation alimentée, il faut des financements pérennes permettant de répondre aux besoins, trois repas par jour minimum, mais aussi des ateliers de nutrition, de santé, des cours de cuisine. L’alimentation fait partie intégrante de l’accompagnement et de l’insertion. »

Les programmes d’aide de l’Etat qui ne s’inscrivent pas dans la durée rendent difficile l’accompagnement des sans-abri. Sans visibilité sur leur financement, les associations peinent à investir dans des infrastructures adaptées aux besoins, leurs moyens d'action étant suspendus à la volonté du gouvernement.

Pour une politique d’ampleur et de long terme, la FAS promeut l’inscription du droit à l’alimentation dans la Constitution française : « Cela impliquerait que tout le monde mange à sa faim avec une nourriture digne et de qualité. Il faut mettre les moyens pour ne plus avoir 7 millions de personnes qui dépendent de l'aide alimentaire en France », estime Marine Malberg.

Auteur

  • Estelle Pereira

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