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Coronavirus : enfin des consignes pour la protection de l’enfance

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Une fiche de consignes destinée aux établissements et services de la protection de l’enfance a été envoyée le 19 mars aux têtes de réseaux du secteur ainsi qu’aux départements. Des recommandations très attendues par les professionnels, qui déplorent le manque de réactivité de leur secrétariat d'Etat.

Il aura donc fallu attendre le 19 mars pour que la protection de l’enfance bénéficie enfin d'une note de recommandations nationales pour gérer cette crise du coronavirus. Un retard au démarrage qui a suscité beaucoup d’interrogations et d’inquiétudes sur le terrain, alors que, d’un département à l’autre, les décisions prises ont fluctué selon l’appréciation des autorités. Ce document de 11 pages vient ainsi clarifier « la conduite à tenir et les bonnes pratiques à adopter en phase 3 du plan gouvernemental » pour les structures collectives et les acteurs de l’intervention en milieu ouvert. 

Egalement destinataires de la note, les départements pourront s’appuyer sur ces recommandations pour orienter leurs actions et décisions en la matière, face à une crise sanitaire inédite. Après un rappel de leurs missions, ils sont incités à mettre en place un plan de continuité d’activité intégrant la continuité du fonctionnement et des missions de la cellule de recueil, de traitement et d’évaluation des informations préoccupantes (Crip). Ils sont également invités à mettre en place « une cellule de crise interinstitutionnelle au niveau opérationnel comme stratégique », pour favoriser, auprès des établissements et services, un appui par le renfort de professionnels et de bénévoles pour des activités éducatives, sportives ou de loisirs, ce qui pourrait s’avérer très utile en cette période de confinement.

Droits de visite suspendus

Cette note répond par ailleurs à des questions précises qui ont été soulevées lors des différentes téléconférences organisées les 17 et 19 mars par les services d’Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance, avec les différents acteurs du secteur. Concernant les droits de visite, médiatisée ou non, et d’hébergement des parents, ils doivent être suspendus et aménagés sous forme de contacts téléphoniques ou de visioconférences, lorsque cela est possible. Seules les familles bénéficiant de droits de visite et d’hébergement intensifs, préparatoires à un retour de l’enfant dans son milieu familial, peuvent voir ce retour anticipé, en maintenant un suivi à domicile ou un contact et une permanence téléphoniques. En cas de fugue – acte que le confinement peut renforcer, en particulier chez les adolescents –, les établissements doivent accueillir le jeune, en respectant les consignes d’hygiène et les mesures d’isolement si celui-ci présente des symptômes du Covid-19.

Du matériel adapté pour des interventions à domicile

La problématique des interventions en milieu ouvert est également pointée. Aujourd’hui, les mesures de confinement imposent un suivi téléphonique, loin d’être satisfaisant au regard de certaines situations, selon Salvatore Stella, président du Cnaemo (Carrefour national de l'action éducative en milieu ouvert). Les professionnels sont invités à établir la liste des enfants devant faire l’objet d’un suivi prioritaire et nécessitant un contact présentiel. Enfin, alors que 90 % des Saad (services d’aide et d’accompagnement à domicile) Famille sont fermés, le document précise que pour les autres services de type TISF (technicien d’intervention sociale et familiale), un plan de continuité de l’activité doit être partagé entre le conseil départemental et les associations afin d'organiser et d'adapter les relations et l’accompagnement à l'égard des familles bénéficiant des mesures. 

Pour les acteurs de l'intervention à domicile au titre de la protection de l’enfance, il est inconcevable de se contenter d'un suivi téléphonique et d'écarter le présentiel. Il en va, selon eux, de la sécurité des enfants, car tous craignent des drames... C'est pourquoi la majorité des professionnels se déclarent prêts à réintervenir au domicile s’ils bénéficient de masques, de gants ou encore de gel hydroalcoolique, ce qui n’est pas le cas actuellement. 

Si cette note ne répond pas à toutes les interrogations et ne résout pas tous les problèmes, elle présente le mérite de définir des orientations au niveau national pour ce secteur qui souffre régulièrement d’un manque de cohérence territoriale. 

 

 

 

Auteur

  • Nathalie Auphant

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