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Un ministère des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées mais pas pour le logement

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Damien Abad est le nouveau ministre des Solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées

Crédit photo Ludovic MARIN / AFP
Le premier gouvernement du second quinquennat d’Emmanuel Macron a été présenté vendredi 20 mai. Damien Abad, député de l’Ain, a été nommé ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Un nouveau ministère salué par les acteurs du secteur, tandis que le logement, lui, n'a pas de maroquin spécifique.

Il y a du changement dans le secteur des personnes âgées et du handicap. Auparavant découpés en deux portefeuilles, les champs ont été regroupés en un seul ministère. Agé de 42 ans, Damien Abad, député de l’Ain et il y a encore peu président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, a été nommé, vendredi 20 mai, ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées du gouvernement d’Elisabeth Borne.

Au-delà des suspicions qui entourent le nouveau ministre, la décision de consacrer un ministère au vieillissement et au handicap a été saluée par l’AD-PA (Association des directeurs au service des personnes âgées) pour qui « les enjeux majeurs pour le XXIe siècle que sont la démographie, la longévité et la fragilité doivent être présents chaque semaine au conseil des ministres ».

« Un signal fort »

La Fnadepa (Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées) se réjouit également « de la création de ce ministère transversal qui témoigne de la prise en considération, au plus haut niveau de l’Etat, des attentes et besoins des personnes vulnérables, quel que soit leur âge ou leur handicap ». Et d’ajouter : « Il s’agit d’un signal fort quant à une politique d’adaptation de notre société face à l’accélération du vieillissement de sa population dès 2026. »

D’autres acteurs n’ont pas manqué d'exhorter le nouveau ministre à « se saisir immédiatement de la question du grand âge et de ses nombreux défis », comme le Synerpa (Syndicat national des établissements et résidences privées pour personnes âgées). Les quatre principales fédérations de la branche de l’aide à domicile (Adédom, ADMR, Fnaafp/CSF et UNA) appellent, de leur côté, « à la mise en chantier, dans les 100 premiers jours du quinquennat, d’une grande loi autonomie, grand âge et handicap ».

Dans le champ du handicap, les réactions sont plus mitigées, voire plus vives. Ainsi, si le Collectif handicaps se félicite de la création d’un ministère des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées de plein exercice, il rappelle au gouvernement les nombreuses priorités du moment. « Le chantier de la cinquième branche Autonomie doit être une priorité du quinquennat » mais « la première urgence » est « d’octroyer les revalorisations salariales du Ségur de la santé à l’ensemble des professionnels » et « d’améliorer leurs conditions de travail ». Enfin, il souligne que « la politique du handicap ne peut se limiter à un seul ministre : elle doit être pleinement interministérielle, seule condition pour que la vie quotidienne des personnes handicapées puisse effectivement changer ».

« Changement dans la continuité »

L’Unapei, association de défense des droits des personnes en situation de handicap, considère que le secteur est « en état d’urgence » et qu’il « n’y a pas de temps à perdre ». « Il faut cesser les discours qui ne sont que des vœux pieux et se donner enfin les moyens de lutter réellement contre l’exclusion », estime-t-elle. « Les personnes concernées sont en danger : les atermoiements du gouvernement s’agissant des revalorisations salariales pour les professionnels du secteur ont trop tardé, laissant les établissements et les services exsangues », poursuit l’association.

Enfin, l’Anpihm (Association nationale pour l’intégration des personnes handicapées moteurs) est la plus virulente. Selon elle, la nomination de Damien Abad est « un changement dans la continuité » : « La création d’un ministère de plein exercice (…) constitue la négation la plus nette du refus de considérer une politique de réduction des situations de handicap vécues par plusieurs millions de nos concitoyens comme devant être nécessairement transversale. » Et de conclure : « Il s’agit d’une nouvelle régression politique à l’égard des personnes dites handicapées. Elles ne représentent décidément pas une priorité pour Emmanuel Macron et sa Première ministre. »

Le logement en question

Par ailleurs, l’absence de ministère du Logement dans le nouveau gouvernement fait réagir un certain nombre d’acteurs. Dans un tweet, Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, partage son « incompréhension alors que le logement représente le premier poste de dépense des ménages et concerne tout le monde et tous les territoires ». L’Union sociale pour l’habitat exprime également ses inquiétudes. « Les besoins en logement abordable sont si forts qu’ils imposent au gouvernement un engagement massif et pérenne pour le logement social – le logement des classes modestes, des travailleurs essentiels. Il n’y a plus d’échappatoire possible. Nous ne pouvons à ce titre que regretter l’absence de ministre du Logement dans le gouvernement », rapporte Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale.

Auteur

  • Maxime Ricard

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