[EDITO] Bonjour et bienvenue dans L’Essentiel du social, votre rendez-vous hebdomadaire avec l’actualité du social et du médico-social.
C’est bien la première fois – mais pas la dernière, je le crains – que je m’apprête à me féliciter, ici, de l’expulsion d’individus hors de notre territoire. Alors, non, je ne suis pas devenue nationaliste au cours du weekend, je vous rassure. Et je n’ai pas non plus eu une épiphanie extrême droitière en m’abrutissant devant CNews.
Je suis juste momentanément soulagée de la reconduite à la frontière de cinq Britanniques qui se sont crus dans un mauvais western : une bande de pieds nickelés, chauffés à blanc par les diatribes de Nigel Farage ou par leur propre inanité, qui avaient décidé de venir jouer aux justiciers en s’attaquant à des migrants entre Calais et Dunkerque.
N’écoutant que son courage, cette milice inspirée des groupes d’autodéfense américains a débarqué dans le Nord pour couper le mal à la racine, avant que les envahisseurs ne traversent la Manche. A leur manière, ils font de la prévention, ces gens. A coups de bombes lacrymogènes, de bâtons et de matraques, certes. Mais on ne fait pas d’omelettes sans quelques contusions et yeux au beurre noir, voilà tout.
Détail délicieux : la joyeuse troupe circulait à bord du « battle bus », que l’on peut traduire par « bus de combat », tout en diffusant leurs méfaits, en direct, sur les réseaux sociaux. Là, on n’est plus dans un film de John Wayne, sinon dans une série Z horrifique mêlant les zombis décérébrés de The Walking Dead et la télé-réalité fictive mais probable imaginée dans The Best Immigrant.
Quand l’actualité se met à ressembler aux dystopies les plus noires, à six mois de la présidentielle, il est vraiment temps de se poser les bonnes questions.
Bonne semaine à tous.