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Inégalités : 4,5 millions de personnes riches en France

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87 % des héritages sont inférieurs à 100 000 €, rappelle l’Observatoire des inégalités.

Crédit photo 1STunningART - stock.adobe.com
Après une première édition en 2020, l’Observatoire des inégalités publie un nouveau rapport sur les personnes riches en France. Selon l’organisme indépendant, 7 % de la population se situe au-dessus du seuil de richesse, défini à 3 670, soit le double du niveau de vie médian.

« Poser la question de la justice et du mérite » dans notre société. C’est tout l’objectif du rapport sur les riches en France, publié mercredi 1er juin, par l’Observatoire des inégalités. Dans cette deuxième édition, l’organisme indépendant définit un seuil de richesse à 3 673 € par mois après impôts pour une personne seule, soit le double du niveau de vie médian. Ce seuil est fixé à 5 500 € pour un couple sans enfant et à 7 700 € pour un couple avec deux enfants. Au total, 4,5 millions de personnes sont ainsi concernées (7,1 % de la population).

Avant la publication par l’Observatoire, en 2020, du premier rapport sur les riches, aucun seuil de richesse n’avait été établi dans le pays. Pourtant, cette donnée permet d’apporter un nouveau regard sur les inégalités, assure Louis Maurin, directeur de l’organisme. « Notre rapport a pour vocation d’ouvrir les yeux sur ce qu’est la France d’aujourd’hui. La cécité de la droite mais aussi de la gauche (obnubilée par son “1 %” le plus riche) est colossale. Beaucoup refusent de voir qu’une partie bien plus large de la population s’enrichit aujourd’hui. »

La part du nombre de riches baisse

Le document d’une centaine de pages précise que le nombre de personnes riches a baissé entre 2010 et 2019. Pendant cette période, 745 000 individus sont en effet passés en dessous du seuil de richesse. La proportion des 10 % des plus riches a, quant à elle, baissé entre 2011 et 2013, avant d’afficher « un nouveau pic en 2018 sous l’effet de mesures fiscales favorables aux détenteurs d’un haut patrimoine financier », expliquent les auteurs. Avant d’ajouter : « Cette décennie succède à une période faste pour les plus aisés. Entre 1999 et 2019, le niveau de vie annuel moyen des 10 % les plus riches a progressé de 9 100 € une fois l’inflation déduite, contre 3 300 € pour les classes moyennes. »

Riches en patrimoine

L’organisme définit également un seuil de richesse basé sur le patrimoine. Celui-ci s’établit à 490 000 €, soit trois fois le patrimoine médian. Aujourd’hui, 15,5 % des ménages dépassent cet indicateur. Mais difficile de connaître l’évolution du nombre de ménages détenant beaucoup de patrimoine, car les données manquent sur le sujet. « Seul indice », selon le rapport : « le nombre de ménages imposés pour leur grande fortune immobilière (au moins 1,3 million d’euros de biens immobiliers après abattements). Il « progresse à nouveau de 8 % entre 2018 et 2020, après une hausse de 23 % du nombre de ménages redevables de l’ancien impôt sur la fortune, entre 2011 et 2017. »

Lumière sur l’héritage

Le rapport consacre, par ailleurs, tout un volet à l’héritage, qui perpétue les inégalités monétaires. Il rappelle que 87 % des héritages se situent en dessous de la barre des 100 000 €. Deux tiers des héritiers touchent moins de 30 000 €, selon les chiffres de l’Insee en 2018. En outre, seuls 37 % des ménages ont reçu un héritage cette même année.

Cette proportion s’établit à 53 % pour les personnes âgées entre 60 et 69 ans et 53 % pour celles âgées de plus de 70 ans. « Au final, le nombre de personnes qui ont hérité à la fin de leur vie ne dépasse guère la moitié de la population française », pointent les auteurs du rapport.

 

Auteur

  • Marie Nahmias

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