Réseau d’épiceries solidaires au travers de la France, Andès a réalisé une enquête en 2025 sur la précarité alimentaire des publics situés en quartiers prioritaires de la ville (QPV). Les résultats ont été publiés en mars 2026.
Des modes de consommation contrastés. Le premier constat effectué par l’étude indique des habitudes alimentaires saines, puisque plus de 78 % des personnes interrogées indiquent manger des fruits et légumes frais plusieurs fois par semaine. S’ajoutent à cela les 55 % de répondants déclarant manger de la viande à la même fréquence. Des chiffres qui concernent principalement les seniors ou retraités. En contraste :
- 51 % du panel jeune (18-25 ans et étudiants) révèle boire du soda plusieurs fois par semaine.
- Seuls 42 % d'entre eux cuisinent tous les jours.
- 74 % mangent au fast-food une à quatorze fois par semaine, contre 26 % des personnes âgées.
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Des informations qui, selon Andès, corroborent le fait qu’il y existe un lien entre les conditions socio-économiques et la qualité de l’alimentation.
Une précarité marquée. Interpellées sur leurs pratiques alimentaires, 63 % des personnes répondent sauter des repas au moins une à deux fois par semaine. A noter qu’en fonction du type de foyer, le budget mensuel dépensé pour l’alimentation peut varier :
- Entre 100 et 300 € pour les répondants à l’enquête.
- Plus de 300 € pour ceux avec des mineurs à charge.
- Moins de 100 € pour les bénéficiaires des épiceries solidaires.
Des budgets inférieurs au budget moyen des personnes seules (environ 350 € par mois).
En outre, 57 % des personnes questionnées signalent qu’elles ne peuvent pas acheter tous les aliments dont elles ont besoin. Un impact d’autant plus important pour les familles monoparentales, selon 74 % des répondants.
Interrogées sur leurs attentes s’ils avaient 50 % de budget en plus, les habitants des QPV disent qu’ils achèteraient en priorité :
- De la viande et du poisson (64 %).
- Des fruits et légumes frais (45 %).
- Des produits de producteurs locaux (35 %).
- Des produits bio (24 %).
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L’impact des épiceries solidaires. Face à cette situation, les résultats de l’enquête montrent les effets positifs que peuvent avoir ce type de dispositifs sur la vie des consommateurs.
- L’amélioration de la qualité de l’alimentation, pour 85 % des répondants.
- La sortie de l’isolement, où 75 % des répondants déclarent se sentir moins seuls.
- L’amélioration de son estime de soi et une meilleure compréhension de son pouvoir d’agir, avec 91 % des répondants indiquant mieux saisir les droits et aides qu’ils peuvent solliciter.
Recommandations. Afin d’améliorer l’accès à une alimentation de qualité, l’Andès formule quatre propositions :
- Développer des dispositifs accessibles et non stigmatisants, qui passent par le soutien aux commerces de proximité et aux groupements d’achats.
- Renforcer les outils de lutte contre la précarité alimentaire, via le développement des épiceries solidaires et des dispositifs créant du lien social, tels que des jardins partagés.
- Trouver des solutions aux problématiques de mobilité, en accompagnant, par exemple, l’essor d’épiceries itinérantes.
- Sensibiliser les jeunes publics à l’importance d’une alimentation saine et équilibrée, en soutenant l’animation de temps destinés à préparer collectivement des plats et à repartir avec.
>>> Retrouvez ici : les résultats de l’enquête <<<