En dépit d'un marché du travail en nette décélération, marqué notamment par une croissance relativement atone et des intentions de créations d'emplois et de recrutements qui redescendent à leur niveau de 2018 (2,3 millions cette année, soit 6,5 % de moins qu'en 2025), le taux de chômage, lui, continue de baisser. C'est l'enseignement d'une étude de la Dares portant sur le nombre d'inscrits auprès du service public de l'emploi au premier trimestre 2026, dévoilée mardi 28 avril.
Selon cette enquête, le nombre d'inscrits dans les catégories A, B, C, D et E de France travail s'élevait à 6,46 millions. Soit 0,3 % de moins (22 100 personnes) qu'à la même période l'an dernier. Au total, le nombre de chômeur atteignait, ce trimestre, près de 8 % de la population active.
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630 000 personnes en catégorie G
Des chiffres qui, de l'aveu même de la Dares, pourraient cependant bouger dans les temps à venir, au gré de la répartition des quelque 630 400 inscrits dans la nouvelle catégorie G servant de centre d'aiguillage à France travail depuis le 1er janvier 2025, et de l'obligation pour le service public de l'emploi d'inscrire dans ses fichiers l'ensemble des allocataires du RSA, des bénéficiaires d'un contrat d'engagement jeunes (CEJ) et de titulaires d'un parcours contractualisé d'accompagnement vers l'emploi et l'autonomie (Pacea) ou d'un dispositif d'accompagnement intensif des jeunes (AIJ).
Si leur nombre diminue en fonction de l'avancement de leur répartition dans d'autres catégories (ils étaient encore près de 800 000 au quatrième trimestre 2025 et un peu plus de 900 000 le trimestre précédent), il n'en est pas moins de nature à altérer celui des autres catégories. Au quatrième trimestre 2025, on comptait ainsi 839 000 allocataires du RSA ou bénéficiaires de l'AAH parmi les 3,87 millions de demandeurs d'emploi inscrits dans les catégories A, B, C, D et E. Autrement dit une croissance de 1,7 % sur un an.
Dans le même temps, le nombre d'inscrits en catégorie F, regroupant tous les demandeurs d'emploi en parcours social astreints aux 15 à 20 heures d'activité par semaine pour continuer à bénéficier de leur RSA, grimpait à 395 700, à savoir une croissance sur un trimestre de 54,9 % !
Premiers effets du barème des sanctions
L'autre changement majeur introduit par la réforme du plein emploi, c'est le nouveau régime de contrôle de la recherche d'emploi assorti d'un nouveau barème de sanctions entré en vigueur par décret au mois de juin dernier. Ce dispositif supprimait notamment la radiation automatique dès le premier manquement aux obligations contractuelles liées à la recherche d'emploi. Résultat, le nombre de radiations a très sensiblement baissé entre le premier trimestre 2025 et le début d'année 2026, passant de 45 000 à 2 700.
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