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Editorial : Le colleur d’affiche

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Capture d'écran de la vidéo réalisée par Oxmo Puccino et postée sur les réseaux sociaux.

Crédit photo : DR
Les leçons de choses de l’époque nous arrivent souvent par des voies détournées. Il en est ainsi de ce clip diffusé par Omar Sy sur son compte Twitter. Le comédien, pour les besoins de promotion de la série Netflix dont il tient le rôle-titre, a revêtu pour l’occasion une tenue de colleur d’affiche.

Habillé comme il se doit, éponge à la main, il descend dans le métro plaquer une publicité géante le long d’un quai. Une affiche où l’on ne voit… que lui. Maladroit, s’adressant volontiers aux voyageurs, leur demandant parfois de l’aide, il demeure parfaitement incognito. Y compris lorsqu’il tombe le masque pour se désaltérer. Parmi les Parisiens qui l’ont croisé sans le voir, il est fort à parier qu’ils seraient nombreux à patienter longuement pour parler au comédien, lui réclamer un autographe, non, mieux, un selfie lors d’une projection ou d’une opération de communication plus traditionnelle.

Au-delà de l’habileté avec laquelle la plateforme de streaming surfe sur le capital sympathie, indéniable, d’Omar Sy, ce petit film vient délivrer un message gentiment politique. Surtout politique. Ceux qui en doute seront éclairés par l’identité du réalisateur. Il s’agit d’Oxmo Puccino. Le rappeur, qui a grandi dans un quartier pauvre du XIXe arrondissement de Paris, multiplie les textes et les prises de position sociales depuis un quart de siècle. Son clip questionne profondément la société française. Les passants du métro n’ont pas vu l’artiste internationa­lement reconnu. Mais seulement le colleur d’affiche, un homme noir, comme il se doit.

Il en va des préjugés raciaux comme de ceux de classe. Lorsqu’ils ne se confondent pas, ils assignent à des rôles, des postures ou des handicaps. Ainsi, un adolescent difficile est réduit à sa violence, une chômeuse est forcément responsable de ses difficultés, les personnes handicapées nécessairement dépendantes.

Les travailleurs sociaux, eux-mêmes très souvent issus de l’immigration ou ayant traversé des épreuves fondatrices, comptent parmi les rares à étendre leur perception au-delà des apparences. A regarder les publics qu’ils accompagnent pour ce qu’ils pourraient devenir. Et non pour ce qu’ils sont réduits à incarner.

Auteur

  • La rédaction

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