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Gautier Arnaud-Melchiorre : « pour qu’un enfant placé ne soit plus seulement défini par son placement »

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« Donner la parole aux enfants placés », telle est la mission confiée par Adrien Taquet, secrétaire d’Etat à l’enfance et aux familles, à Gautier Arnaud-Melchiorre, étudiant en droit de 25 ans et ancien enfant placé. Objectif : recueillir le témoignage des enfants et des adolescents de l’aide sociale à l'enfance (ASE). 

Actualités sociales hebdomadaires : Quels sont les objectifs de votre mission ?

Gautier Arnaud-Melchiorre : Il s’agit de donner la parole aux enfants, aux jeunes adultes placés afin qu’ils nous racontent ce qu’ils vivent au quotidien. Aller à leur rencontre sur tout le territoire permettra de comprendre ce qu’ils attendent de leur placement et de l’aide sociale à l'enfance [ASE], ce qu’ils apprécient et ce qui leur fait défaut, ce qu’on peut améliorer. Il en découlera une photographie concrète et nuancée de la protection de l’enfance aujourd’hui. Il est essentiel de ne pas partir de mon parcours personnel pour en faire une généralité, mais de rendre compte de ce que les enfants auront à dire de la diversité de leurs situations. Mon histoire doit simplement servir à mieux les écouter et à appréhender les enjeux de ce qu’ils racontent.

Les professionnels seront-ils également consultés ?

On ne peut pas s’intéresser aux enfants sans échanger avec ceux qui s’en occupent au quotidien. Ils ont des choses à dire, des clés de compréhension à partager, des pistes à suivre, de bonnes pratiques à développer. Leur mobilisation est nécessaire. Leur formation aussi. C’est l'une des questions centrales car on ne pourra pas faire évoluer l’ASE sans améliorer la formation des travailleurs sociaux. Un élément anodin, par exemple le téléphone portable, peut avoir des conséquences explosives dans les rapports entre les enfants placés et leurs parents.

Concrètement, comment va se dérouler votre mission ?

Jusqu’au 30 septembre, je vais aller à la rencontre des enfants placés et des professionnels dans au moins 25 départements, dans tout type de mode d’accueil : Mecs [maisons d'enfants à caractère social], familles d’accueil, lieux de vie, tiers dignes de confiance, pouponnières... Il ne s'agit pas d’inspecter les départements, ni d’établir une étude comparative qui les placerait en compétition les uns par rapport aux autres, mais de réaliser une étude représentative et constructive sur la base de nos échanges.

Par ailleurs, les enfants placés ont rarement connaissance de leurs droits. Nous travaillerons donc avec la société civile sur cette partie juridique et clôturerons notre rapport par la rédaction d’une « charte des droits des enfants protégés » qui sera affichée dans tous les établissements et services de l’aide sociale à l’enfance. Aller à l’école, pouvoir consulter un médecin, être accompagné, sont des droits essentiels. Mais qu’en est-il du droit de jouer, rêver, pleurer, être content ou non ? Les droits de l’enfant devraient être irrigués par un droit « pivot », un droit à l’enfance, pour qu’un enfant placé ne soit plus seulement défini par son placement, mais qu’il puisse avant tout être un enfant.

 

 

 

 

 

Auteur

  • Propos recueillis par Delphine Baloul

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