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Dépendance - Handicap

Une entreprise adaptée normande se lance dans la fabrication de masques


Publié le : 26.04.2020 I Dernière Mise à jour : 26.04.2020
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Entreprise adaptée qui s'est reconvertie dans la fabrication de masques à Evreux, dans l'Eure. I Crédit photo David Torres

Auteur

  • Sophie Massieu

APF entreprises d’Évreux, dans l'Eure, a réorienté ses ateliers pour fabriquer des masques à destination de l’armée. Salariés et encadrants sont mobilisés, et l’activité est appelée à s’inscrire dans la durée. Reportage.

La porte coulissante s’ouvre sur un bâtiment de 1 200 m² de plain-pied. À l’entrée, à gauche, un gros flacon à pompe de gel hydroalcoolique, passage obligé de tout visiteur, livreur, employé. En ces temps de crise sanitaire, rien n’est laissé au hasard, au sein de cette entreprise adaptée d’Évreux, dans l’Eure. Comme, pour l’heure 4 autres établissements de ce type appartenant à APF Entreprises, cette structure a réorienté une partie de ses chaînes de production, et de ses salariés, pour se consacrer à la fabrication de masques. Son donneur d’ordre ? La direction générale des armées. Cela s’inscrit dans le projet national baptisé Résilience, lancé le 25 mars dernier, qui associe l’armée à la lutte contre le Covid-19. 

Commencée mi-avril, cette production mobilise une dizaine de salariés, qui, auparavant, travaillaient en maroquinerie, à la fabrication d’abat-jours… « Nos équipes sont polyvalentes, puisque nous exerçons toujours une grande diversité d’activités », explique David Torres, adjoint à la direction. Aussi a-t-il été simple de former les salariés, volontaires, aujourd’hui assis devant une machine à coudre.

Exigence de professionnalisme

Le jour de notre visite, 2 lignes de production faisaient entendre le cliquetis régulier des aiguilles de ce qui est devenu une denrée rare à l’heure où de nombreux industriels veulent prendre une part du gâteau de la fabrication de masques : les surpiqueuses 4 fils. De quoi produire 6 à 8 000 masques par semaine. « Mais mon objectif est de doubler la cadence, dès que j’ai suffisamment de machines, pour mettre en place un service sur 2/8 », explique David Torres. 

Car, le manager insiste, en situation de handicap ou non, ce sont bien des personnes compétentes qu’il a mobilisées. « Nous ne sommes pas là pour faire plaisir. Nous devons équilibrer l’activité. Nous avons fait appel à des salariés rapides et adroits. »

Une exigence de professionnalisme qui n’exclut semble-t-il en rien la bienveillance dans la transmission des consignes et le partage des tâches. 

Visiblement, chacun sait ce qu’il a à faire, et tous coopèrent activement. « Tu mets la main dedans comme ça, tu regardes l’écartement, et tu vois, celui-là, il est nickel », explique Axel, 34 ans, à la plus timide et moins sûre d’elle Hermine, avec qui David Torres lui a demandé de faire équipe pour trier et empaqueter les masques déjà réalisés. Pendant ce temps, Sylvain, en charge de la maintenance, se met à 4 pattes au chevet d’une machine à coudre qui émet un bruit anormal.

À distance réglementaire, avec lavage de mains obligatoire toutes les heures, les travaux sont menés bon train, aussi cadencés par la régularité de la machine qui découpe les élastiques, et émet le son typique d’un scanner, ou d’une imprimante. « J’aime être sur le terrain », confie David Torres, sur tous les fronts à la fois. D’abord, il a formé les équipes après avoir mis par écrit le process de fabrication qui vaut pour les 5 entreprises adaptées de l’association réparties dans la France entière qui se sont lancées dans cette activité. Pour cela, il s’est appuyé sur des vidéos fournies par l’armée. Et au quotidien, il organise le travail, met la main au tri. Tout en décrochant son téléphone, tantôt pour monter un partenariat avec une structure d’APF entreprises, tantôt, avec acharnement, pour dénicher, n’importe où en France, les surpiqueuses 4 fils qui lui manquent tant. Il faut les trouver, à bon prix, et être plus rapide que la concurrence pour les récupérer… Le soir, chez lui, vient le temps de produire les tableaux statistiques. « J’adore ça, travailler dans l’urgence… »

Le plaisir de travailler

S’il faut batailler pour décrocher les machines, heureusement, le tissu triple épaisseur et les élastiques, eux, sont fournis par l’armée. 

La crise sanitaire passée, David Torres espère bien voir la fabrication de masques se montrer pérenne, jusqu’à représenter, prévoit-il, 5 à 6 % des activités de l’entreprise. « Cela donne du sens et un objectif supplémentaire à nos salariés », commente Awatif El Mahfoud, responsable ressources humaines.

Peut-être, même si, interrogés, les salariés eux-mêmes mettent tous en avant, d’abord et avant tout, le plaisir de travailler, ou pour certains de travailler à nouveau, après un premier mois de confinement : « C’était dur », avoue, pudiquement, dans un sourire, Hediye, maman de 2 enfants de 14 et 16 ans, entrée dans l’entreprise il y a 6 ans. Même remarque d’Axel : « Pour moi, le plus important, c’est de travailler. Donc oui, fabriquer des masques, ça me va ! »

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