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Dépendance - Handicap

Marie-Aude Torres Maguedano : « Nous travaillons sur un protocole en matière de soins palliatifs en confinement » (Unapei)


Publié le : 30.03.2020 I Dernière Mise à jour : 31.03.2020
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Marie-Aude Torres Maguedano est directrice générale de l’Unapei, I Crédit photo Unapei

Auteur

  • Sophie Massieu

La directrice générale de l’Unapei, association nationale qui accompagne et représente les personnes déficientes intellectuelles et leurs familles, fait état de conséquences dramatiques de la crise sanitaire liée au coronavirus pour les professionnels et les publics accompagnés. Et pointe un nouveau problème : le refus de soins.

Actualités sociales hebdomadaires : Vous employez 90 000 professionnels dans des établissements et services médico-sociaux. Quelles informations vous remontent-ils sur le plan sanitaire ?

Marie-Aude Torres Maguedano : La situation diffère d’une région à l’autre, et en cela nous suivons l’évolution nationale. L’Oise a été la première impactée, suivie du Grand Est, maintenant de la Bourgogne-Franche-Comté et des Hauts-de-France… Depuis le début de la crise, nous n’avons pas été considérés comme prioritaires : certains professionnels se sont d’abord vu refuser la garde de leurs enfants à l’école, puis la distribution des matériels de protection… En matière de bilan purement sanitaire, sur le plan national, nous ne connaissons pas encore le nombre de cas graves ni de décès au sein de nos personnels ou parmi les personnes handicapées accompagnées. Mais nous travaillons à les comptabiliser. A Belfort, la semaine dernière, nous avons affronté par exemple deux décès en deux jours. Ce qui est certain, c’est que nous sommes de plus en plus confrontés à des refus de prise en charge de nos publics par les services de santé. Les urgentistes font ce qu’ils peuvent, mais il est évident qu’une personne polyhandicapée rencontre plus de risques en cas de contamination. Résultat : faute d’être équipée correctement, l’équipe de Belfort vient de décider de ne plus intervenir à domicile auprès des enfants polyhandicapés, de crainte de les contaminer. C’est grave ! Dans le Grand Est, nos équipes gèrent des fins de vie en confinement, des cadavres. Nous travaillons donc sur un protocole en matière de soins palliatifs. Nous tentons de l’élaborer avec des médecins, puis nous le partagerons en prévision avec nos structures partout en France. Habituellement, lorsqu’il nous arrive d’avoir à gérer des fins de vie, nous pouvons nous appuyer sur des équipes mobiles de soins palliatifs, ce qui est compliqué actuellement.

Selon vous, où la situation est-elle la plus tendue ? Dans le secteur de l’aide à domicile ou en établissement ?

M.-A.T.M. : Il me semble que c’est moins difficile lorsqu’on travaille en équipe, donc dans les foyers, qui font preuve de créativité. Au domicile, divers problèmes s’additionnent : le manque de protection, le refus de certains parents d’accueillir les professionnels par peur de la contamination… Nous tentons de travailler sur des dispositifs de répit, mais ils sont totalement contraires aux lois du confinement.

Quels sont aujourd’hui les plus gros manques subis par vos professionnels ?

M.-A.T.M. : L’absence de masques, de blouses et de tests, qui nous garantiraient de travailler en sécurité. En disposer serait aussi un signe de reconnaissance énorme. Cette carence est à la fois un problème très concret et le signe d’une dévalorisation. C’est donc  également très symbolique.

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