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D’anciens membres de la Ciivise réclament le retour du juge Durand

Crédit photo stock.adobe.com
Alors que la Ciivise traverse une profonde crise, treize anciens membres interpellent ce 14 février le président de la République et la ministre déléguée chargée de l’enfance, Sarah El Haïry. Dénonçant un changement de doctrine, ils font part de leur souhait de poursuivre le travail. 

Deux courriers coup sur coup. Le premier, adressé au président de la République, est signé des cinq anciens membres qualifiés de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise). Des « survivantes » et « survivants » de l’inceste, comme se désignent ses auteurs : Arnaud Gallais, cofondateur de MouvEnfants, à l’initiative de la lettre, ainsi que Laurent Boyet, président de l’association Les Papillons, Nathalie Moreau, présidente de l’Association d’action, recherche et échanges entre les victimes d’inceste (Arevi), Angélique Mouly, membre de l’association Jean Bru, et Eva Thomas, fondatrice de SOS inceste.

En décembre, ils avaient démissionné pour protester contre le remplacement des deux co-présidents Edouard Durand et Nathalie Mathieu. Ce 14 février, ils veulent « partager [leur] désarroi sur ce qu’est devenue cette commission ». « En un éclair, ce que la Ciivise avait bâti a été réduit à néant », soulignent-ils.

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A l’origine de leur courroux : les propos tenus par le président démissionnaire Sébastien Boueilh, qui avait soutenu publiquement sa vice-présidente, Caroline Rey-Salmon. Visée par une plainte pour agression sexuelle lors d’un examen gynécologique sur une victime d’inceste, celle-ci s’est mise en retrait de la commission.

« Quelle est la légitimité aujourd’hui des membres, alors même que la vice-présidente et le président, qui les ont nommés, ne sont plus là aujourd’hui ? », interrogent les cinq signataires.

Ces derniers déplorent également que les membres qualifiés « aient été mis au ban de l’instance », alors que ses anciens co-présidents avaient considéré comme indispensable de s’appuyer sur le savoir expérientiel. « La Ciivise 2 a trahi les victimes », estiment-ils. Invitant Emmanuel Macron à « être à la hauteur de ce qu’[il a lui-même] initié en 2021 », ils disent se tenir « à [sa] disposition pour trouver une issue positive à cette crise ».

« Une question d'efficacité »

La seconde lettre est adressée cette fois à la ministre déléguée, Sarah El Haïry, chargée de l’enfance, de la jeunesse et des familles. Avec une liste de signataires élargie à huit autres anciens membres de la Ciivise. La plupart, comme la psychiatre Muriel Salmona, avait également démissionné le 14 décembre 2023.

Ils disent « l’urgence de continuer le travail commencé et de le mettre en œuvre ». « Qui mieux que l’équipe de la Ciivise 1, composée de victimes et de professionnels reconnus, peut poursuivre ce travail, qui ne doit pas rester lettre morte ? », soulignent-ils, avant de proposer leurs services : « Nous souhaitons participer à la mise en œuvre des préconisations, de la formation et continuer l’écoute des témoignages des victimes. Notre participation à cette politique publique est une question d’efficacité. » Comme l’est celle du juge Edouard Durand : « Il a fait la preuve de sa capacité à conduire ce travail et notre équipe : c’est pourquoi nous proposons qu’il reste président de la commission. »

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