De 12,9 % en 2008 à 14,3 % en 2011 puis 15,4 % en 2024. Le taux de personnes pauvres au sein de la population française n’a cessé d’augmenter ces quinze dernières années, comme le souligne l’Insee dans une étude publiée le 1er octobre. D’abord en raison de la crise financière de 2008 puis d’une période de forte inflation entre 2021 et 2023.
Cette hausse du taux de pauvreté monétaire – laquelle correspond au fait d’avoir un niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian – ne s’accompagne pas de plus de passages par la précarité. La part de personnes connaissant au moins un épisode de pauvreté monétaire en quatre ans est relativement stable entre les périodes 2008-2011 et 2021-2024. En revanche, souligne l’étude, elle va de pair avec des situations de précarité devenues de plus en plus souvent chroniques, suggérant un accroissement des difficultés à sortir des situations de pauvreté monétaire.
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La répétition des situations de pauvreté à un an n’a ainsi pas cessé d’augmenter : 63,2 % des personnes pauvres en 2008 l’était encore l’année suivante, pour près de 68 % de 2013 à 2015. Un taux qui culmine en 2023 où plus de 7 personnes sur 10 en situation de pauvreté monétaire l’étaient encore en 2024.
Et lorsqu’on sort de la pauvreté au bout d’un an, c’est de façon souvent très modérée : le niveau de vie médian des personnes sorties d’une situation de pauvreté monétaire entre 2023 et 2024 est ainsi de 1 580 € par mois en 2024, soit 1,2 fois le seuil de pauvreté.
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Les sorties de pauvreté pérennes sont rares. Parmi les personnes en situation de pauvreté monétaire en 2021, seules 16,5 % sortent durablement de la précarité dans les trois années qui suivent : elles ne sont plus en situation de pauvreté en 2024, ni aucune des années où elles ont répondu à l’enquête entre 2022 et 2023.
« Ces constats rejoignent les résultats de travaux sociologiques sur les trajectoires de pauvreté monétaire, qui distinguent les situations de pauvreté chronique, renvoyant à des facteurs structurels, des situations de pauvreté transitoires, davantage liées à des évolutions conjoncturelles et à des événements biographiques tels que la perte d’un emploi ou une séparation », explique Benjamin Gilbert, auteur de l’étude.
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Les situations de longue durée sont les plus intenses : entre 2021 et 2024, les personnes en situation de pauvreté continue ont un niveau de vie mensuel médian de 960 € (en euros constants de 2024), contre 1 110 € pour les personnes en situation de pauvreté et de non-pauvreté alternée (sur les seules années où elles sont en situation de pauvreté).
Parmi les plus exposés à ces situations de longue durée : les plus jeunes. 11,2 % des 16 à 25 ans en début de période font ainsi l’expérience d’une situation de pauvreté monétaire continue entre 2021 et 2024, contre 6,7 % pour l’ensemble des plus de 16 ans. « Ces effets d’âge sont, pour l’essentiel, le reflet de situations d’emploi et de configurations familiales variables au cours de la vie », souligne l’étude.
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Au-delà des effets d’âge, les situations de pauvreté de longue durée sont fortement liées à l’emploi et au diplôme des personnes, une ressource qui demeure protectrice des trajectoires de pauvreté durable.
Parmi les personnes qui vivent continûment sous le seuil de pauvreté de 2021 à 2024, 28,2 % déclarent ne pas pouvoir manger de repas protéiné tous les deux jours début 2025, une privation caractéristique des situations de pauvreté monétaire durables, conclut l’étude.
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