Signe d'un regain sur le marché de l'emploi, l'assurance chômage vient d'abaisser, au 1er avril, la durée d'affiliation minimale pour bénéficier de l'indemnisation. En clair : ceux qui n'ont jamais bénéficié de l'allocation de retour à l'emploi (ARE) au cours des 20 dernières années n'ont plus besoin que d'avoir travaillé cinq mois – et non plus six comme auparavant – pour devenir éligibles aux indemnités chômage. La formule de calcul du montant des droits demeure, en revanche, inchangée.
130 millions de dépenses en plus
Cette nouvelle disposition avait été négociée par les partenaires sociaux dans leur convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024. Mais il aura fallu attendre un arrêté du 28 mars 2026 pour qu'elle devienne effective. Selon les estimations de l'Unedic, la mesure pourrait représenter 100 millions d'euros de dépenses supplémentaires pour le régime dès 2026 (+0,4 %) et atteindre 130 millions en régime de croisière à partir de l'an prochain. D'après les partenaires sociaux, qui se fondent sur les entrées de 2024, environ 4 % des nouveaux inscrits (3,6 %) – soit près de 16 000 allocataires chaque mois – peuvent entrer dans cette nouvelle case.
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Premiers concernés
Si, techniquement, la mesure est applicable à tout nouvel inscrit n'ayant pas bénéficié d'une couverture chômage au cours des deux dernières décennies, trois catégories vont plus particulièrement bénéficier du nouveau système :
- les 16-24 ans, inscrits pour la toute première fois à l'assurance chômage (qui pourraient représenter jusqu'à 64 % des bénéficiaires alors qu'ils représentent 10,3 % des inscrits), reculant donc d'autant leur entrée dans le RSA ;
- les sortants d'une mission d'intérim (34 % des potentiels bénéficiaires pour 8,9 % des inscrits) ;
- les non-diplômés, quelle que soit leur catégorie d'entrée, devraient représenter 24 % des demandeurs d'emploi bénéficiaires de cette disposition.
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