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Documentaire : Personne, c’est déjà beaucoup

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Le film « Personne. Les oubliés du Segur », un documentaire réalisé par Eva Carrette et Lorraine Reinsberger et principalement tourné à l'Archipel Aliénor, en Gironde, est en ligne depuis quelques semaines.

C’est un film qui aurait pu être tourné sans Ségur. Car Personne est avant tout un documentaire qui donne à voir avec beaucoup d’humanité la désaffection du travail social, et laisse même imaginer sa désertion. Les métiers qui entourent les personnes en difficultés sont exercés par d’autres personnes qui sont forcément engagées. Dans la plupart des professions, les requêtes, lorsqu’elles ne sont pas entendues, lorsque toutes les négociations ont échoué, laissent place à des mouvements de grève. Mais dans le travail social, quand on abandonne son poste de travail, on abandonne des personnes.

Alors on ne fait pas grève. On continue. Et à force de continuer, les éducateurs, les moniteurs-éducateurs, les aides médico-psychologiques, les animateurs socioculturels, et tant d’autres, tirent un peu trop sur la corde et s’épuisent. Alors, un jour, ils quittent tout, parce qu’ils sont allés au bout de tout ce qu’ils pouvaient faire en donnant le meilleur d’eux-mêmes. Ils se réfugient dans leur vie personnelle, refont leur vie professionnelle. Non sans culpabilité, par réflexe de survie.

« Le coup de grâce »

En Gironde, dans les structures de l’Apajh où Personne a été tourné, le Ségur a été vécu comme « le coup de grâce » selon les mots d’un animateur socioculturel à la FAM des Lilas, qui apparaît dans le documentaire. Un bon vieux coup de pied de l’âne et une parfaite absurdité, fort bien résumée par cette responsable d’un pôle d’accompagnement socio-éducatif : notre moniteur-éducateur n’y a pas droit mais notre aide médico-psychologique oui, notre éducateur spécialisé n’y a pas droit, mais notre infirmière diplômée d’Etat coordonatrice oui. Et que dire des maîtresses de maison qui ont passé des heures chaque jour à désinfecter l’établissement ? Elles n’ont pas passé de diplôme d’Etat pour mettre la maison en ordre et protéger ses habitants de la Covid. Alors, pas de bras, pas de chocolat. Et Ségur leur passe sous le nez, c’est ainsi.

Ce qui ressort également de ce documentaire, qui a pris le soin de n’être pas seulement corporatiste, c’est l’inquiétude des proches de ces personnes handicapées. Et si ces structures qui accueillent leurs enfants venaient à fermer ? « On nous bassine avec l’inclusion », dit un père, à raison, mais ce qui risque de se passer, c’est que chacun se retrouve finalement enfermé chez soi.

Tout est dit.

Notes

« Personne » – Real Factory – A voir sur https://vimeo.com/ 667848512.

Auteur

  • Lou Dantin

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